Les Songes du Crépuscule
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La Double Céleste

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Ikram
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CapricorneChèvre
Age : 16
Inscrit le : 13 Mai 2007
Messages : 504

MessageSujet: La Double Céleste   Lun 21 Mai 2007 - 8:32

Céleste avait trente ans, elle travaillait comme comptable mais elle arrêta suite aux nombreux coups de fatigue qu'elle éprouvait. Elle était brune aux yeux bien clairs Célibataire depuis toujours, elle ne tombait pas amoureuse et préférait rester avec sa famille et ses amis. Elle habitait dans une petite ville avec sa tante Pénélope près d’un château où ses amis l’invitèrent à ne soirée. Le château était immense, gris très sombre, très sale, assez sinistre et étrange et il était endommagé par endroits. Ce château ce trouvait en plein milieu d’une forêt pleine d’arbres et reposait tranquillement entouré de brouillard épais.
La nuit, il n’était pas très visible mais on voyait ses contours et ses ombres mystérieuses se dessiner dans le ciel éclairé par la lune lumineuse. Mais le jour, le château n’était guère discret et dominait assez bien la ville de Céleste.
Céleste accepta d’aller à la soirée et prévint aussitôt sa vieille tante Pénélope le jour même de la fête.
Enfin, elle partit au crépuscule. La fête se déroula à merveille, Céleste s’amusait tellement qu’elle ne vit pas le temps passer.
A la fin de la soirée, elle demeurait encore au château avec les derniers fêtards qui restaient. Alors, ils décidèrent de rentrer tous ensembles. Chacun passait devant Céleste, la laissant tituber derrière, elle marchait doucement et pas droit, ses pas la faisait chanceler : elle avait bu. Mais tout de même, ses amis l’attendirent avec patience sans la regarder vaciller. Ils savaient que Céleste se remettait vite de son ivresse, ils ne s’inquiétaient pas pour elle.
Soudain, Céleste entendit de curieux bruits en provenance de la forêt. Des bruits de feuillages puis de pas qui craquaient les branchages au sol et elle vit parmi les arbres touffus deux points excessivement brillants qui la suivaient. Elle se mit à hurler et ses amis vinrent la raccompagner chez elle, prétendant qu’elle devait aller se coucher après cette folle soirée. Ils ne prirent pas la peine de lui demander pourquoi elle avait hurlé et ils ne tinrent pas compte de ce qu’elle parvenait à dire entre ses « hic » pendant le trajet qui menait de la forêt à sa maison.
Céleste arriva chez elle et resta en compagnie de sa tante qui la soigna un peu et la jeune fille balbutiait en racontant son histoire et ce qu’elle avait vu :
« — Tu sais bien que dans la forêt il y a de petits animaux et tes soi-disant points brillants n’était que les simples rayons de lune qui faisaient briller les feuilles des arbres. Tes amis me l’ont confirmé, d’ailleurs.
— Ah… si tu le dis, je te crois. Mais le plus insolite dans tout ça, c’était que ces points lumineux ressemblaient étrangement à mes yeux avec mille et une paillettes en plus. N’empêche, c’était une très chouette soirée ! déclara Céleste en baillant.
— De plus, tu étais ivre, ma pauvre nièce ! ajouta Pénélope dans un murmure à peine perceptible. »
Céleste décida d’aller se coucher, sa tante aussi. La pauvre jeune fille était complètement épuisée. Au fond de son lit douillet, elle commençait à s'endormir quand brusquement, un souffle glacé lui couvrit le visage. Céleste se leva hâtivement, éternua et remarqua que sa fenêtre, étant à l’autre bout de la chambre, était un tout petit peu ouverte. Après l’avoir refermée, elle se dirigea dans son lit en se disant : « Ce souffle terriblement glacé n’a quand même pas pu provenir de cette mince ouverture ? Pourquoi pas après tout, nous sommes en printemps et juste avant, il y a eu un hiver rude ! »
Le lendemain, Pénélope soigna sa nièce enrhumée et lui proposa de venir avec elle faire un tour chez leurs amis, ça lui ferait du bien. Mais Céleste refusa, elle souffrait, en plus de son rhume, d’une atroce migraine qui l’empêchait de bouger. Sa tante, elle, y alla. La malade regarda la télévision jusqu’au retour de sa tante, jusqu’à la tombée du soir. Finalement, lasse d’attendre, elle finit par s’endormir pendant un court instant. Sa migraine s’échappa et elle se mit un lire un livre après avoir éteint la télévision.
Enfin, Pénélope rentra et s’exclama :
« — Céleste ? Tu es déjà rentrée ? Quelle vitesse alors !
— Mais q’est-ce que tu racontes, voyons ? Je n’ai pas bougé du tout, tantine ! rétorqua la malade en levant le nez de son livre.
— Allons, je joue pas les modestes ! A mon retour, je t’ai vu au parc, ce qui m’a relativement étonnée, continua la tante, tu jetais des cailloux aux colombes ce qui m’avait étonné car tu adores ces oiseaux ! »
Céleste préféra ne rien dire et essaya de se persuader que sa tante a dû la confondre ce qui paraissait complètement absurde car Pénélope reconnaîtrait sa nièce même en étant aveugle.
Plus tard, la jeune fille guérit et en une fin d’après-midi, elle partir se balader dans une lande perdue sous un ciel infini bleu profond commençant à s’assombrir avec son ami Fabrice.
Après avoir marché pendant plus d’une heure, le jeune homme était boire dans un ruisseau laissant son amie en dehors de la clairière à rêvasser. Peu après, Céleste cessa de rêver et détourna les yeux pour rompre un de ces longs silences de tranquillité mais découvrit avec stupeur que son ami n’était plus à ses côtés. Celle-ci s’inquiéta et partit à sa recherche, aux alentours de la clairière. Elle était effrayée et angoissée rien qu’à l’idée d’être seule dans cette lande et de perdre son meilleur ami.
Mais soudain, Fabrice revint tout trempé et soupira :
« — Tu m’as bien surpris, toi ! Me pousser dans le ruisseau… très gentil ! Ha ha ! Je te taquine, mais dis-moi tu es très rapide pour sortir de cette clairière ! C’est une chance de courir vite, en plus tu as une bonne endurance à ce que je vois… Mais pourquoi pleures-tu ? Je te complimentais…
— Pardon Fabrice, coupa Céleste en s’excusant, mais je n’ai rien fait du tout ! Je m’étais fait un sang d’encre !
— Voyons, arrête de faire la fille mystérieuse qui cache ses qualités par sa modestie !
— Je suis désolée mais là tu m’insupportes vraiment ! Pourquoi ne me crois-tu pas ? Je ne suis pas folle, tu sais ! s’égosilla Céleste.
— Moi non plus je ne suis pas fou ! Je t’ai vu courir à toute allure après que tu m’ais dit " Je t’aime !", répliqua Fabrice. »
La jeune femme fut frappée d’horreur, non seulement Fabrice n’était pas très beau mais aussi parce que Céleste ne se permettait pas de tomber amoureuse de son meilleur ami. Mais elle le laissa dire ce qu’il voulait, il savait très bien jouer la comédie.
Plus tard, ils rentrèrent dans leurs maisons respectives sans reparler de ce malentendu qui les opposait. Après cette longue balade, Céleste ne s’empêcha pas de sortir avec ses autres amis, mais tous refusaient obstinément de la voir sauf Fabrice qui était tombé amoureux d’elle depuis la promenade dans la lande.
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Ikram
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CapricorneChèvre
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MessageSujet: Re: La Double Céleste   Lun 21 Mai 2007 - 8:33

Peu à peu, Céleste remarqua qu’elle perdait ses amis car ils lui firent savoir qu’elle était devenue méchante. La pauvre victime ne comprenait absolument pas mais pourtant, elle avait bien l’impression qu’elle faisait du mal à tous ses amis.
Les jours suivants, Céleste se retrouva, avec pour seule compagnie, Fabrice qui lui fit savoir qu’elle avait commis des actes méchants envers ses amis et qu’elle ne voulait jamais assumer ses faits.
La pauvre jeune femme trouvait cela inexplicable. Alors, après avoir longuement parlé à sa tante de ce qu’elle ressentait par rapport à ces phénomènes incompris, Pénélope lui affirma qu’elle devait se trouver un nouvel emploi, selon elle, sa nièce était tombée en dépression suite à sa démission d’il y a quelques temps.
Celle-ci retrouva du travail au bout d’un certain temps, toujours dans la compatibilité. Mais plus tard, le patron de la boîte où elle travaillait mourut étouffé suite à ce que disaient les médecins légistes. Des empreintes digitales autour du cou du mort reflétaient une légère ressemblance avec celles de Céleste mais heureusement pour elle, personne n’en tint compte : les témoignages des employés divulguaient que ces derniers temps, le patron toussait énormément jusqu’à en suffoquer et que Céleste n’était pas au bureau quand le malheur arriva.
La nouvelle comptable pensa alors à son père, qui, dix ans plus tôt, était mort d’un cancer du poumon. Il toussait beaucoup, également et ce fut après sa mort que la mère de Céleste mourut à son tour mais d’une tuberculose. Alors, une lourde larme coula sur la joue de l’orpheline en regardant son patron partir sur un brancard. C’était la première fois qu’elle pleurait pour quelqu’un qu’elle ne connaissait pas personnellement, sans doute pleurait-elle suite au mauvais souvenir qui l’avait hanté un instant ? Cependant, elle compatissait.
Une semaine passa et Céleste eut un nouveau patron, ce patron était assez sévère et n’appréciait pas beaucoup la jeune comptable, nul ne sait pourquoi. Mais bien évidemment, chose étonnante, il ne songeait guère à la licencier.
Seulement voilà, un soir, alors que Céleste rentrait chez elle passer prendre sa tante pour aller à l’enterrement de son patron, elle croisa Fabrice qui se joignit à eux. Ils marchèrent silencieusement dans la nuit noire qui semblait annoncer la pluie pour le lendemain. Pénélope sortit de chez elle et tous les trois, vêtus d’un noir de jais, s’en allèrent au cimetière.
Des pleurs peu bruyants, des reniflements perpétuels démontraient la tristesse de chacun des membres de la famille, des amis et des employés venus. Finalement, après cette dure soirée pluvieuse, les trois arrivèrent chez Pénélope. La tante poussa un cri perçu à la vue d’enfants qui saccageaient son jardin joliment fleuri, jusqu’alors. Fabrice alla régler l’affaire avec ces vauriens :
« — Mais enfin ! Qu’est-ce qui vous a pris ? C’est vraiment très odieux de votre part. Vous feriez mieux de rentrer très vite chez vous après vous êtres excusés auprès de Madame.
— Nous sommes désolés d’avoir fait ça. On ne voulait pas mais c’est elle qui nous l’a ordonné, se lamentèrent les enfants en montrant Céleste du doigt.
— Quoi ? Non mais ce n’est pas vrai ! Qu’avez-vous contre moi ? Je n’étais même pas là bande de vandales ! hurla Céleste en laissant filer les enfants. »
Fabrice et Pénélope savaient bien que c’étaient de petits voyous qui éprouvaient le besoin d’accuser quelqu’un pour pouvoir s’en tirer et ils ne pensaient sûrement pas que c’était Céleste la coupable.
La jeune fille devint alors, si proche de son seul ami, désormais, qu’elle en tomba amoureuse. Elle travaillait toujours, son bien-aimé venait la déposer le matin au bureau et la ramenait le soir chez elle, ils s’aimaient tendrement.
Un soir, par un ciel très sombre couvert de nuages intensément gris, un immeuble brûla à vives flammes : c’était l’immeuble de Fabrice. La presse, les médias, les journaux en parlaient beaucoup. Quand le feu s’était éteint, Fabrice fut sauvé de justesse avec d’autres locataires grièvement blessés. A la télévision, les habitants apprirent qu’il y avait eu une fuite de gaz mais une vieille dame avait fait le portrait-robot de Céleste en se plaignant :
« — Je vous assure que j’ai vu cette femme descendre des escaliers avec une torche enflammée ! » Mais personne ne la croyait.
Peu après l’incendie, Fabrice tomba gravement malade. Les médecins avouèrent qu’il était mourant après avoir été carbonisé à trois degrés et asphyxié. Céleste pleura toutes les larmes de son corps pendant des jours entiers aux côtés de son amoureux et lui marmonna :
« — Jamais je ne te quitterai Fab’, jamais !
— Je sais, je sais ! Bien sûr que j’en suis conscient ! martela sans cesse le malade. »
Pourtant, deux jours plus tard, Fabrice étant toujours en vie, remarqua que Céleste n’était plus à ses côtés, elle avait disparu et était complètement introuvable. Des avis de recherche se bousculaient sur chacun des murs et poteaux de la ville. La tante Pénélope serpentait toutes les rues et clamait :
« Céleste ? Céleste, reviens ! Où es-tu ? Qui aurait vu ma nièce, qui ? »
Les policiers aussi se mirent à chercher mais après avoir reprit leur souffle un moment, ils soupirèrent :
« — Madame Pénélope, saurez-vous ou aurez-vous une petite idée concernant son départ soudain ?
— Messieurs, ça ne lui ressemble pas ! Je pense avoir tout de même une idée, son copain est mourant suite à l’incendie de l’immeuble et cela, l’a vraiment choquée. De plus, c’était dans cet immeuble que vivait sa mère et qui y est morte, il y a huit ans, insinua Pénélope entre eux sanglots. »
Un an passa, Fabrice s’était éteint à l’âge de trente et un ans et Céleste demeurait encore et toujours recherchée mais pratiquement plus personne n’osait poursuivre les recherches.
Plus tard, sans doute quelques mois après, les habitants apprirent officiellement qu’elle était décédée, sans aucune preuve signalant sa mort, pourtant. Pénélope, elle, affirma qu’elle semblait l’avoir croisée ce matin, au marché. Les yeux de la femme qu’elle avait vue étaient étincelants, encore plus que d’habitude…


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