Ephémère Réveur

  Age : 15 Inscrit le : 29 Juin 2007 Messages : 788
 | Sujet: Pour un bouquet de fleurs Ven 6 Juil 2007 - 10:17 | |
| Pour un bouquet de fleurs
Il était 2h01 du matin, et pour Zofia, ce n’était pas une bonne heure pour rentrer chez elle après une fête qui s’était prolongée. Elle marchait vie et avait hâte d’arriver au 30 rue Victor Hugo. Ses talons aguilles frappaient le sol régulièrement, en faisant résonner un bruit sourd dans la rue mal éclairée. Elle tourna au croisement. Puis elle se dirigea vers le square en défaisant le bouton supérieur de sa veste parce qu’elle avait trop chaud.
Il était 2h03 du matin, et pour Jonathan, c’était une heure propice pour aller dehors. Il s’était assis sur un banc public du jardin, et écoutait attentivement le hululement de la chouette, postée en sentinelle dans l’arbre en face de lui. Depuis 30 secondes, il essayait de se concentrer suffisamment sur ce son pour n’entendre que lui. Mais une autre sensation vint l’en empêcher. Son sang se mit à parcourir ses tortueuses veines avec plus d’intensité, et son envie de chair humaine devint violente. Il rouvrit les yeux et se mordit la lèvre inférieure. Il scruta l’obscurité du parc et entendit battre un cœur.
Zofia poussa la porte du jardin qui grinça bruyamment. Lele marcha dans l’allée en faisant crisser les gravillons.
Jonathan vit la jeune femme, avant d’entendre la grille et les graviers. Il faisait sombre mais il ne voyait pas comme n’importe quel être humain.
Jonathan était un vampire. Pas un vampire blafard aux cheveux noirs et aux cernes rouges. Mais un vampire quand même. Avec des canines effilées, une préférence bien marquée pour l’obscurité et des goûts vestimentaires qui se limitaient au vermillon et au noir. Jonathan aimait le vin rouge et le sang. Il avait les yeux gris et les cheveux auburn, immanquablement ébouriffés. Il était plutôt beau garçon et plaisait aux femmes. Elles lui plaisaient aussi, mais seulement quand elles étaient jeunes, le cou nu et quand il pouvait sentir leur cœur battre.
Jonathan était un vampire et il avait soif. Il ne pouvait pas laisser passer ce sang frais sans y goûter un peu.
Zofia eut un mauvais pressentiment en voyant le peu de lune se faire recouvrir par un nuage gris menaçant. Elle accéléra sa marche, et se maudit de n’avoir pas accepté de dormir chez Laura après la fête.
Jonathan se faufila derrière un arbre pour ne pas être vu. Le parc n’étai pas un endroit où il aimait se rassasier. Il regarda passer Zofia en passant sa langue sur ses dents immaculées. Puis il s’extirpa de sa cachette e avança derrière elle.
Zofia courait presque et trébucha sur une racine. Son sac s’étala sur le sol et elle dut chercher à tâtons pour rassembler son contenu. Elle pesta contre le mauvais sort et remit son sac sur son épaule avant de reprendre sa marche. Elle sortit du jardin et s’engagea dans une autre rue. Jonathan s’était arrêté quand il avait vu la femme tomber. Il repartit dès qu’elle se releva et se dirigea vers son portefeuille, qui s’était logé dans le creux d’un arbre. Il l’ouvrit et sentit le parfum sucré de Zofia s’engouffrer en lui. Ses pulsations sanguines devinent plus fortes et lui martelèrent la poitrine. Il lu son adresse et se précipita derrière sa proie.
Zofia crut entendre, puis voir quelqu’un sortir du par cet emprunter une rue voisine. Mais elle était tendue et il faisait noir, aussi, elle continua sa marche – en pressant encore le pas.
Jonathan courut comme il n'avait jamais courut. Il atteint le 30 à 2h17 du matin. Il ne pensait même plus. Seuls son instincts et sa soif le guidaient. Il tapa le code d’entrée et monta les escaliers quatre à quatre. Il s’arrêta devant la porte du quatrième étage et vérifia que le nom inscrit sur la sonnette était bien celui de Zofia. Puis il monta les cinq marches suivantes e attendit. Tapis dans l’ombre, à l’affût. Ses canines supplantant ses lèvres. Scrutant à en perdre la vue le rez-de-chaussée. Ecoutant impatiemment les moindres sons qui parvenaient à atteindre ses tympans.
Zofia fut soulagée quand elle put enfin composer le code d’accès de son immeuble. Elle appuya sur l’interrupteur de l’escalier et commença son ascension. Elle sortit ses clefs de son sac, et s’aperçut que son porte-monnaie ne s’y trouvait pas. Elle fouilla encore mais ne le trouvât pas. Elle soupira et atteint la porte de son appartement.
Lorsque Jonathan vit les cheveux soyeux de Zofia virevolter au rez-de-chaussée, il huma le parfum obnibulant qui lui montait à la tête. Il saliva à la vue du cou de la jeune femme et frémit en voyant pulser la veine de gorge. Il descendit silencieusement les quelques marches et sortit de l’ombre. Il avança vers le dos de Zofia, entrouvrant les lèvres, les mains tendues.
Lorsque Zofia enfonça enfin sa clef dans la serrure, elle eut encore un mauvais pressentiment. Son cœur se mit à battre plus fort, et une goutte de sueur perla sur son front quand elle sentit l’air se déplacer légèrement. Elle se retourna lentement.
Zofia état célibataire, et Jonathan lui plu quand elle le vit, mais elle sut aussitôt, en regardant ses yeux écarquillés qu’il n’était pas là pour lui offrir des fleurs.
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Lien vers la discussion : http://songes-du-crepuscule.naturalforum.net/Le-Portail-des-Recits-c2/Fantastique-f4/Discussion-pour-un-bouqut-de-fleurs-t1105.htm |
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Ephémère Réveur

  Age : 15 Inscrit le : 29 Juin 2007 Messages : 788
 | Sujet: Re: Pour un bouquet de fleurs Jeu 26 Juil 2007 - 15:44 | |
| °°j'ai corrigé quelques mots, et supprimé un passage vers la fin du 1er texte °°
Jonathan se raidit aussitôt qu’il vit Zofia de face. Son cœur – battant à la chamade quelques instants plus tôt – semblait s’être arrêté. Le vampire reprit instantanément ses esprits en voyant le signe maudit, gravé sur le creux du cou de la jeune femme. Jonathan recula d’un pas. Il ne pouvait goûter Zofia car elle n’était pas comme n’importe quelle humaine.
Zofia était un ange. Un ange déchu – depuis qu’un vieil homme ( qu’elle deavit accompagner ) lui avait exposé ses idées, et qu’à son tour elle eut remis en cause les bases « du plus haut des cieux » , sa hiérarchie l’avait bannie de ses fonctions. Et la marque des déchus était apparue.
Zofia était un ange déchu et son sang était le pire des poisons pour les vampires. Il suffisait qu’une seule goutte effleure la peau de Jonathan pour qu’il meure instantanément. Zofia avait deviné que l’homme, qui scrutait avec terreur ce que les gens prenaient pour un tatouage, était un vampire. Puis elle vit ce que tenait Jonathan et ses hypothèses se transformèrent en affirmations. - Mon portefeuilles, s’il te plaît. Jonathan le lui tendit, en prenant bien garde de ne pas lui toucher la main, et sans un mot.
Zofia était de mauvaise humeur. Et l’attitude du jeune vampire ne fit qu’exacerber son énervement. Elle se retourna et finit d’ouvrir sa porte ;
Jonathan n’avait pas bougé. Il avait recouvré sa capacité à réfléchir, mais il ne savait plus quoi faire. La jeune femme avait laissé l’entrée de son appartement ouverte, comme pour le provoquer.
Zofia posa son sac sur la commode. Elle n’avait pas sommeil, et voulait passer sa colère sur quelqu’un. Elle laissa la porte ouverte. Elle retira ses talons aiguilles car elle avait mal aux pieds. Elle enfila des pantoufles et un vieux T-shirt qui traînait ; sa robe de soirée n’état pas très confortable. Zofia alla dans la cuisine, mit la cafetière en route et attendit.
Après deux minutes d’intense perplexité, Jonathan franchit le seuil de l’appartement, et se dirigea vers la seule pièce éclairée.
- Tiens ! Tu n’es pas parti ? - Je voulais m’expliquer, … et m’excuser. - M’expliquer quoi ? Que c’est ta façon de te nourrir, et que tu ne peux pas te contrôler ? rétorqua Zofia d’un ton dégoûté. - Absolument. - Tu ne manques pas de culot. - J’ai été créé comme ça, je n’y peux rien. - Et tu les fais souffrir, les filles que tu exécutes ? répliqua encore Zofia, méprisante. Jonathan ne répondit pas tout de suite. - Je ne vous demande pas comment vous mangez votre lapin. - Encore heureux, parce que sinon, j’aurais déjà tout fait pour te tuer. - Vous ne vous demandez pas pourquoi je n’ai pas peur de vous ? - Oh ! dit elle en riant d’un rire mauvais, mais tu as peur de moi ! Sinon, pourquoi aurais-tu attendu avant de me suivre ? - J’aime les paris risqués…. Et puis … tu ne pourrais pas me tuer. - Ah oui ? - Tu étais un ange. - Et je ne le suis plus. - Encore un peu. - Tu veux du café, demanda Zofia sans relever, et en allant chercher deux tasses. Jonathan hésita. Zofia se rassit et se servit. - Non, mais si vous avez du thé …. Zofia lui jeta un regard noir. Puis elle se leva encore, alla dénicher un sachet d’Earl Grey, qu’elle jeta à côté de la bouilloire, et but son café. Jonathan sourit. - Je sais pourquoi tu n’es plus qu’un ange déchu. Zofia éclata de rire – méprisant et plein de regrets. - Et prétentieux avec ça ! - Pourquoi vous ne me tuez pas ? - Je suis fatiguée, j’en ai marre de me lever, je n’ai pas envie de me couper. Ce fut au tour du vampire de sourire de toutes ses dents. - … Excepté que je suis une « créature du Diable ». - Toutes les créatures sont celles de Dieu. On choisit de se tourner vers lui ou Lucifer, ce n’est pas inné. Jonathan se tut. Il semblait étonné de ces paroles. - Tu te fais des idées sur les anges déchus, hein ? - Comme vous devez vous en faire sur les vampire, rétorqua t’il. Zofia esquissa un sourire. Jonathan continua d’un ton hésitant : - … et puis, je n’en ai jamais rencontré auparavant. - Et alors … quelles conclusions tires tu de cette nouvelle expérience, demanda Zofia – curieuse malgré elle (elle n’avait rencontré que deux vampires, et de loin). Jonathan la regarda d’un regard hautain et volontairement dédaigneux - Si je le disais, je vous vexerais, annonça t’il malicieusement. _________________ "L'homme est en proie à l'homme, un loup à son pareil"
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