SerpentSonge Redacteur

  Age : 23 Inscrit le : 07 Mai 2008 Messages : 76
 | Sujet: Faits d'armes Mer 7 Mai 2008 - 19:39 | |
| Un petit récit. Il s’agit d’un très court texte d’ambiance. J’espère que vous l’apprécierez et qu’il vous fera autant d’effet qu’à moi au moment de l’écrire. Si vous avez le courage de le lire en entier n'hésiter pas à y aller de votre petit commentaire.
Nous étions deux cent mais à ce moment précis, pour moi, nous aurions pu être une armée. Je les voyais à mes côtés, caché dans l’ombre du bosquet, leur visage crispé, leur regard fixé sur la bataille en contrebas. Tous mes muscles étaient tendus au point de me faire mal. Mes deux mains serraient presque malgré moi la garde de mon épée. Je me sentais trembler et je remplissais mes poumons de longues inspirations pour calmer ce mélange de peur et d’exaltation qui parcourait mon corps. Malgré tout, je tentais de ne rien laisser paraître.
L’air s’alourdit. Mes hommes trépignaient. Ils n’attendaient qu’un signe de ma part, et je le leur donnai. Quelques secondes a peine après que ma main fut levé, les tambours emplissaient l’air de leur pulsation macabre. Plus bas, dans la plaine, peu d’yeux se levèrent sûrement car la fureur du combat les rendait sourd à tout autre bruit.
Il était temps.
Presque machinalement je levai mon épée et criai de toutes mes forces. Mes hommes hurlèrent à l’unisson et ce fut comme un coup de tonnerre. Un frisson incroyable, comme une vague géante, traversa tout mon être. Je me jetai vers la bataille et oubliai toute peur, effacée derrière ma violence et ma rage. Elles m’emplissaient d’une telle allégresse que j’en oubliai même jusqu’à l’idée de la mort. L’esprit en feu, mon corps s’était évanoui. Je ne courrais plus, je volais, les yeux rivés sur la ligne floue des soldats au combat. La terre vibrait sous les foulées des hommes qui me suivaient à la charge, et mon cœur avec elle. Dévaler cette pente me paru à la fois ne durer qu’un instant et une éternité, comme des secondes qui passent au ralenti mais le flou devint bientôt silhouettes puis chair et acier. La raison se rappela alors à moi. Je la rejetai avec force et m’enfonçai un peu plus dans la fureur. J’hurlais, levant mon arme au-dessus de la tête. Je ne voyais plus que l’ennemi devant moi. Le sol sembla se dérober sous mes pieds et tout le reste disparu l’espace d’un instant. Le silence et les ténèbres. J’abattis ma lame, il s’écroula. Mes sens me revinrent avec la violence d’un coup de poing. Presque sonné, j’étais maintenant au cœur d’une marée d’hommes, à l’épicentre d’un chœur d’hurlements et d’aciers s’entrechoquant. L’air empli de poussière me brûlait les poumons. Un homme fonçait sur moi, les yeux emplis de rage, il tenait entre ses mains une énorme masse levée très haut. Sans réfléchir, je couru sur lui. Nos deux corps se heurtèrent dans un choc si puissant qu’il le fit vaciller. Ma lame lui transperça le ventre. Je la retirai et il tomba.
Le souvenir du reste de la bataille s’est noyé dans la frénésie du moment, ce dont je me rappelle c’est l’épuisement et l’ivresse lorsque plus un ennemi ne se tenait debout. La surprise fut telle que peu d’entre nous périrent ce jour-là. Ce fut une victoire et la première fois pour moi que je menais des hommes au combat. |
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