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Luloé Redacteur

  Age : 25 Inscrit le : 11 Oct 2007 Messages : 76
 | Sujet: Les Tisseurs Dim 14 Oct 2007 - 20:46 | |
| La fin de l’hiver était rude encore cette année, le vent mordant agressait les visages rougis, un froid incisif pénétrait les pelisses et engourdissait les membres. Mais il n’altérait en rien la bonne humeur des Fronteillais, tout affairés qu’ils étaient dans les préparatifs de la fête des Labours, qui aurait lieu le lendemain. Cette année était particulière car le gouverneur en personne, accompagné de sa famille, viendrait assister aux festivités pour la plus grande fierté des habitants de ce petit village. Pour l’occasion, une grande estrade avait été dressée sur la place principale de Fronteil, des guirlandes et des lampions décoraient les arbres dénudés et apportaient quelques touches de couleur qui contrastaient avec le manteau de neige épais qui recouvrait tout le village.
En cette fin d’après-midi, l’unique taverne était encore quasi déserte. Il y faisait bien frais et les quelques personnes présentes s’étaient regroupées près de la grande cheminée au fond de la salle principale. Un homme, imposant, dont seuls les cheveux argentés pouvaient trahir son âge taillait un morceau de bois à l’aide d’un petit couteau. Les pelures s’entassaient à ses pieds, formant un tapis douillet qu’un chat avait décidé de s’approprier, s’y pelotonnant, les yeux mi-clôt tournés vers les flammes. Les deux filles d’Hervé, le propriétaire de la taverne, jouaient avec leur poupée de chiffon au pied de la cheminée. Non loin de là, Jaques et André, attablés, en étaient déjà à leur troisième verre de vin et s’étaient lancés dans une vaste discussion dont le sujet n’était pas très bien défini, ni pour les personnes qui auraient pu leur prêter attention, ni pour eux-mêmes d’ailleurs. Il avait été décidé que le gouverneur et sa famille iraient loger dans la maison du chef du village, les deux chambres à louer de la taverne étant trop modeste, surtout pour la Première Dame, la mère du gouverneur, dont les goûts luxueux et fastes n’étaient un secret pour personne et qui alimentaient bon nombre de commérages les jours de marché. Mais ce soir, la salle serait comble, car aurait lieu la Veillée et aucun habitant, pour rien au monde, n’aurait voulu rater l’événement.
De nouveaux villageois entrèrent. Quatre jeunes gens, qui s’attablèrent aussitôt à côté de Jaques et André et commandèrent de l’eau de vie, et une famille, les parents paysans et leurs trois garçons. Ces derniers se précipitèrent vers les deux jumelles et commencèrent à les asticoter en leur tirant les cheveux et piquant leur poupée. Les fillettes se levèrent en rugissant et une course-poursuite s’installa entre les tables et les chaises. D’autres personnes arrivaient, par petits groupes. Les gens s’interpellaient et se lançaient des plaisanteries. Une odeur de viande rôtie commençait à se faire sentir. Les enfants se lassèrent de leurs jeux et entamèrent un conciliabule, lançant de temps en temps des coups d’œil furtifs en direction de l’homme, toujours absorbé par la taille de son morceau de bois. Finalement, l’aîné des garçons se décida et se dirigea timidement vers lui. Les autres suivaient, regroupés derrière lui. - Dis Mathieu… L’homme acheva une finition sur son œuvre, souffla dessus et l’observa d’un œil critique. Visiblement satisfait, il la rangea dans sa besace. Puis il tourna le regard vers le garnement et répondit, d’une voix calme et posée : - Oui, Stéphane, fis d’Arnaud et d’Emilie, que veux-tu savoir ? - Eh bien, Mathieu… Quelle histoire vas-tu nous raconter pour la Veillée ? Dans la salle, les conversations s’étaient tues et tous les regards étaient dirigés vers eux, même ceux de Jaques et André, qui pour le coup en avait oublié de demander au tavernier de remplir leur verre.
Et ainsi en était-il tous les ans, la veille de la fête des Labours, le rituel ne changeait pas. Mathieu, le « héros » du village, celui qui était parti vingt longues années, était revenu il y a quinze ans maintenant, jour pour jour, avec dans ses yeux toute la sagesse et la tristesse de ceux qui ont parcouru le vaste monde, qui ont vu à la fois des choses atroces et merveilleuses, se sont battus pour des causes perdues et ont vécu des amours impossibles. Pendant un an, il s’était reclus, vivant presque en ermite et ne communicant avec les autres villageois que pour le strict minimum. Jamais il n’évoquait son passé et les rumeurs les plus folles couraient à son sujet. Et puis un soir, alors qu’il dégustait en silence une bière à la taverne, un garçon d’une dizaine d’année s’était approché de lui et lui avait demandé : - On dit que tu as voyagé partout dans le monde et que tu as vécu des choses incroyables. Est-ce que c’est vrai ? Si c’est vrai, raconte-moi une de tes aventures s’il te plaît ! Mathieu avait sourit, à la vue de ce garçon et ce qu’il voyait dans les grands yeux fixés avec intensité sur lui lui rappelait ses propres rêves, au même âge. - Il est vrai que j’ai vu et vécu bien des choses, et, bien que loin d’avoir tout exploré, j’ai pu visiter une bonne partie de ce monde… Une aventure, hein ? Quelque chose d’incroyable et de merveilleux…Voyons voir… Il avait caressé d’un air pensif les poils de sa barbe grisonnante. - Sais-tu que dans la lointaine contrée de Voaire, bien au sud de notre village de Frontail, il y a une immense forêt, dense et dangereuse. Et que dans cette forêt existe un animal fabuleux, appelé l’Ecohant. Tous les ans, le prince de cette contrée organise une immense battue pour chasser cette bête unique… Et Mathieu avait alors raconté au petit garçon qui l’écoutait émerveillé comment il avait eu le privilège de participer à cette battue, comment il s’était retrouvé seul face à cet animal et, qu’au moment de lui porter le coup fatal, il avait finalement suspendu son geste pour épargner cette bête au regard si humain… Puis comment il avait dû fuir la colère du Prince qui l’accusait d’avoir déshonoré sa sœur, il avait alors trouvé refuge chez les habitants des Marais, parmi lesquels il avait vécu trois ans… Il avait parlé toute la nuit, ne s’arrêtant que, lorsque sa gorge était trop sèche, il était contraint de boire de petites gorgées de bière. Au fur et à mesure de son récit, tous les clients de la taverne s’étaient approchés et à la fin, une foule entourait Mathieu, buvant ses paroles en silence. Depuis ce jour, chaque année, Mathieu racontait l’une de ses aventures lors de la Veillée. Par tradition, il fallait toujours que ce soit un enfant du village qui lui demande de leur conter son histoire.
- Alors Mathieu, ce sera quoi l’histoire de ce soir ? - Et bien ce soir, je vais vous raconter ma toute première aventure. Celle-là même pour laquelle je suis parti d’ici… - Oui, Mathieu, raconte-nous pourquoi tu es parti ! firent en chœur les jumelles. - Savez-vous que le Soleil, cet astre si puissant qui nous éclaire le jour, réchauffe notre peau en été, et qui permet aux plantes de pousser… Savez-vous qu’il y a plus de trente ans, le Soleil était plus gros qu’aujourd’hui et qu’il brillait plus ? Et savez-vous que ce Soleil a bien failli disparaître ? Le Soleil qui disparaît ! Cette idée fit trembler tous les enfants qui s’étaient regroupés, assis en tailleur autour de la chaise de Mathieu. Certains adultes, parmi les plus âgés hochèrent gravement la tête a ce souvenir… - Oui Mathieu je m’en souviens, répondit Arnaud. Je n’étais qu’un enfant à l’époque et tout le village paniquait de voir le Soleil rétrécir chaque année. Et c’est toi, notre héros, nous le savons tous ici, qui a empêché cette catastrophe. - Non les amis, ce n’est pas moi. J’ai certes découvert la cause de ce phénomène, mais c’est une autre personne qui nous a sauvés, tous. Et c’est à cette personne que je vais rendre hommage ce soir…. Le vieil homme ramassa une poignée de copeaux de bois, ne provoquant chez le chat qu’un regard indifférent et les jeta dans la cheminée, créant ainsi une nuée d’étincelles qui se reflétèrent un moment sur son visage. Il prit une large gorgée de bière et entama son récit.
commentaires : http://songes-du-crepuscule.naturalforum.net/fantasy-f7/discussion-sur-les-tisseurs-t1255.htm#21387
Dernière édition par le Mer 31 Oct 2007 - 17:27, édité 3 fois |
|  | | Siel Vénérable à plume ...

  Age : 29 Inscrit le : 30 Déc 2005 Messages : 5760
 | Sujet: Re: Les Tisseurs Lun 15 Oct 2007 - 18:33 | |
| Je n'ai pas vu ce que ça donnait mais tu peux aussi peut etre l'envoyé aux Modos (dont je fais partie) pour qu'ils le mettent en forme...
Ne pas rester sur un échec ! 
Siel  _________________ "Y'a des jours où il faut pas m'chercher, et y'a des jours tous les jours"
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|  | | Luloé Redacteur

  Age : 25 Inscrit le : 11 Oct 2007 Messages : 76
 | Sujet: Re: Les Tisseurs Mer 31 Oct 2007 - 17:25 | |
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Lorsque j’étais gamin, la vie était bien différente ici, à Fronteil. Il n’y avait pas de grandes routes pavées comme aujourd’hui reliant notre village aux autres. Les travaux ne remontent qu’à une dizaine d’années. Très peu osaient s’aventurer au dehors et très peu d’étrangers venaient également jusqu’ici, excepté bien entendu le collecteur d’impôt du gouverneur, fidèle au rendez-vous, une fois par an. Pour rejoindre la ville la plus proche, Athéon, il fallait plus d’une dizaine de jours. Le chemin était escarpé et dangereux, nous ne connaissions pas encore les Braines, ces montures solides et agiles qui permettent de grands déplacements dans les montagnes. Nous vivions alors en quasi-autarcie, subvenant nous-mêmes à nos besoins. Chaque année, nous avions l’impression que l’hiver se faisait plus froid, les récoltes plus mauvaises. Il devenait de plus en plus difficile de survivre aux saisons les plus rudes, surtout pour les enfants et les vieillards. Un jour, j’avais tout juste atteint mes vingt ans, Jehan est arrivé en courant comme un damné sur la place du village et il a tambouriné à la porte du chef. - Réunissez tout le monde, s’est-il égosillé, j’ai une révélation capitale à vous faire ! A l’époque, nous considérions Jehan comme un véritable original. De constitution plutôt faible, il était souvent malade et participait peu aux travaux des champs. C’était un passionné de sciences, qui pouvait rester des journées entières enfermé chez lui, plongé dans ses calculs, ou bien à sa fenêtre à observer le ciel avec différentes machines de son invention. Si vous l’aviez vu, marmonnant tout seul en marchant, et quand il était pris d’une idée subite ! Une des tables de cette taverne est encore marquée par les traces de ses élucubrations : un jour où, n’ayant rien sur lui pour écrire, il s’était mis à graver dans le bois des formules compliquées. Il faut préciser que Jehan avait perdu sa femme et sa petite fille de trois ans cinq années auparavant et il ne s’en était jamais remis. Depuis ce jour, il s’était mis en tête de créer des machines qui pourraient améliorer notre quotidien. Mais je crois qu’il était trop en avance sur son temps. Il avait par exemple réussi à faire sortir de terre en plein hiver une petite pousse de je ne sais plus qu’elle plante sous une petite cloche en verre. Il nous avait ensuite expliqués durant de longues heures comment, en recouvrant des champs entiers d’immenses cloches en verre, on pourrait faire pousser des fruits et légumes par n’importe quel temps.
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- Mais ce sont des serres, interrompit un des jeunes hommes assis au premier rang. Il y en a deux qui se trouvent à côté de la maison de la mère Nérine. - Eh oui, c’est bien du principe des serres qu’il parlait. Ca vous paraît évident aujourd’hui à vous les jeunes mais rappelez-vous qu’à cette époque, c’était il y a plus de trente ans, nous étions complètement isolés, nous ne pratiquions pas d’échanges et encore moins de commerce avec le reste du monde, alors comment aurait-on pu transporter ou se faire construire de telles quantités de verre ? Cette idée était inconcevable pour nous, sauf bien sûr pour Jehan. - De toute façon, moi ce que j’en dit, c’est que c’est pas naturel ces machins. Faire pousser des fruits en hiver… non mais franchement, ils n’ont plus aucune saveur ! S’ensuivit une joyeuse cacophonie qui résonna dans la grande salle de la taverne, les uns approuvant bruyamment le vieillard qui avait proféré ces paroles, les autres le huant, les derniers tentant de faire taire tout ce petit monde par des Chut ! bien sonores. Le calme revint de lui-même au bout de quelques minutes et on en avait profité pour recommander à boire. Mathieu reprit.
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Quoi qu’il en soit, les idées de Jehan étaient le plus souvent accompagnées d’un haussement d’épaules, indifférent ou moqueur, selon son interlocuteur. Mais ce jour-là, l’affaire avait l’air grave et notre chef décida alors de convoquer tout le monde pour une assemblée exceptionnelle. Nous nous sommes donc tous regroupés sur la grand place, Jehan est monté sur une chaise et a commencé son discours : - Tout d’abord, je tiens à vous préciser que je ne suis pas dupe, je sais exactement ce que vous pensez de moi et de mes inventions. Mais je sais aussi que vous êtes conscients que tous mes efforts, aussi vains soient-ils, pensez-vous, sont dirigés afin d’essayer de rendre les choses meilleures, la vie plus facile pour chacun d’entre nous. Ce que je vais vous révéler aujourd’hui est important et je vous supplie de me croire, de ne pas me prendre une nouvelle fois pour un fou. C’est vital, pour nous tous. Il a repris son souffle. - Je me suis toujours fortement intéressé au Soleil, et à ces formidables capacités. Grâce à un système de miroirs, je calcule son intensité lumineuse, et avec des lunettes et de savants calculs d’angle dont je vous épargnerais les détails, je mesure son diamètre. Et je suis formel : depuis quelques années, il décline. Tous les ans, il brille de moins en moins et il diminue en volume. Si ce phénomène se poursuit, d’ici vingt ans, nous arriverons à ce résultat. Il a déplié un grand parchemin. Deux grandes lignes perpendiculaires, terminées par des flèches, y étaient dessinées. La verticale était divisée en petites graduations, de 0 à 100. Un trait rouge partait du haut de cet axe pour descendre en diagonal jusqu’au niveau 0, à l’extrémité de la ligne horizontale, censée représenter le temps d’après Jehan.
Nous n’étions peut-être que des paysans rustres qui ne comprenaient rien aux inventions visionnaires du savant, la plupart d’entre nous ne savaient même pas lire. Mais nous n’étions pas idiots et nous savions tous ce que le signe 0 signifiait.
Rien, le néant.
Quelques murmures se sont fait entendre dans l’assemblée. Personne n’a eu l’idée de contredire les paroles de Jehan. Quelqu’un a juste murmuré : - Qu’allons-nous faire ?
S’organiser. Chercher des réponses. Pas ici. Cette terrible découverte doit être révélée au monde entier. Il faut trouver de l’aide, des moyens, pour identifier l’origine du phénomène et surtout y remédier.
Le Conseil des Anciens a décidé d’envoyer deux personnes en charge de cette mission. Je me suis aussitôt porté volontaire. J’étais jeune, j’avais soif de découverte et d’aventure. Je ne rêvais que d’une chose, partir loin de Fronteil pour découvrir des contrées inconnues. Un jour, je m’étais rendu chez Jehan pour une commission quelconque. J’avais été surpris par le nombre de livres qu’il possédait chez lui. Il m’avait alors avoué qu’il entretenait une correspondance avec un des conseillers du gouverneur, féru tout comme lui de sciences. Ils s’échangeaient notes et livres par l’intermédiaire d’un des gardes qui accompagnait le collecteur d’impôt. J’avais ouvert un de ces épais ouvrage relié en cuir et les illustrations qu’il contenait m’avait fasciné : de grandes étendues d’eau telles que je n’en avais jamais imaginées, des forêts aux espèces d’arbres inconnues, si denses qu’il semblait impossible de s’y mouvoir, et même des montagnes recouvertes de sable… - Les océans, la jungle, le désert… Tels sont les paysages que l’on peut découvrir en parcourant le vaste monde… Ce livre de géographie peut t’en donner un petit aperçu, mais la réalité est beaucoup plus impressionnante… - Comment le sais-tu, toi qui n’as jamais quitté Fronteil ? Il avait souri d’un air énigmatique. Je n’en avais pas dormi pendant plusieurs semaines.
D’une bonne tête de plus que mes camarades, vainqueur de toutes les épreuves de force aux derniers jeux organisés lors de la fête des Moissons, le Conseil a immédiatement approuvé ma candidature. Il en fallait un deuxième. - Je viens avec lui, a décrété Jehan. Il y a eu une once d’hésitation. Il fallait quelqu’un de vigoureux pour faire le voyage, ne serait-ce jusqu’à Athéon. Mais d’un autre côté, une fois là-bas, qui mieux que lui était le plus à même de mener correctement les recherches ? Nous sommes donc partis un matin, alors que quelques rayons de ce Soleil qui nous procurait tant de frayeur commençaient juste à poindre. Tout le village était là pour nous dire au revoir. Les plus âgés qui conservaient encore quelques pièces d’argent bien à l’abri dans leur chaumière nous ont cédé leurs maigres économies. Les femmes nous ont confectionnés de chaudes pelisses et des galettes bien consistantes, de quoi tenir plusieurs jours. Tout en nous prodiguant moult conseils grivois pour le moment où nous croiserions certaines filles de la ville, les hommes du village nous donnaient de vigoureuses claques dans le dos, mais certains avaient bien du mal à camoufler la petite larme qui leur coulait le long des joues. Les enfants nous ont accompagnés en chantant et riant sur les premiers mètres, puis nous nous sommes retrouvés rien que tous les deux, à arpenter ce qu’il restait du chemin menant à Athéon.
Jehan n’y est jamais arrivé. C’est tout seul que je suis entré dans la grande ville.
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