Les Songes du Crépuscule
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magie ennemie (nom provisoire)

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Mad



VerseauSinge
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MessageSujet: magie ennemie (nom provisoire)   Ven 23 Nov 2007 - 18:09

Pas de commentaires sur le nom pourri de cette nouvelle siouplé lol! Je ne l'ai mis qu'en attente d'en trouver un autre

Je commence donc par cette nouvelle. N'hésitez pas à me lapider, je n'en ai pas peur... Je poste seulement le début pour ne pas trop vous ennuyer


Je hais la magie. Jamais pareil élément n’a autant fait souffrir l’homme. S’agit-il d’une punition, d’une maladie héréditaire punitive ? Et pourtant, l’homme ne peut vivre sans magie et la magie ne peut vivre sans l’homme. La dépendance… Pourtant, de mon point de vue, la sorcellerie ressemble plus à un esclavagiste qu’à un partenaire d’infortune. Elle ne se fait pas vider de sa substance peu à peu, elle.
Un jour, nous parviendrons à l’éradiquer. Que penseraient les gens s’ils savaient ce que j’écris, moi, le plus grand sorcier de mon époque ? C’est pour la vaincre que je dois paraître insensible à la magie.
Je dois retourner à la fabrication de mes sorts. Un jour, je pourrai laisser de côté ceci sans avoir à craindre quoi que ce soit.
Je hais la magie.

Extrait des Souvenirs de Paul Verjot


Le garçon venait de naître… L’enfant qui sauverait toute l’humanité de la magie. La Société de Recherche contre la Magie avait approfondi avec acharnement le travail de son fondateur, Paul Verjot, et en ce jour béni ce labeur portait ses fruits. Un garçon non atteint par la magie était venu au monde.
Il ne restait qu’à attendre et à noter les résultats. Le plus dur n’était pas passé, bien au contraire. Il faudrait isoler le garçon de toute magie, afin qu’il ne connaisse pas son existence. On le cloîtrerait avec de faux parents, ses véritables géniteurs étant morts des suites de l’expérience.
Toutefois chacun ressentirait un bonheur inexprimable en voyant grandir cet enfant libéré de la douleur insuppor-table qui allait de pair avec la sorcellerie, et dont personne ne pouvait s’émanciper… Tout ceci ne se ferait pas sans mal, mais on pourrait compter sur le bon vouloir de toute l’humanité. Enfin, de la partie la plus perspicace de l’humanité.


C’était un roc, un simple petit îlot perdu sur une planète nommée Rès, un minuscule morceau de terre. Et pour-tant… Pourtant, sur ce monde où la moindre parcelle de terre valait une fortune, le domaine des Chimeris se chiffrait à un prix inestimable.
Marcus Chiméris était bien loin de s’en douter, nonobstant. Ses parents lui cachaient bon nombre de choses impor-tantes. Par exemple, ils ne lui révélèrent jamais que le meau recouvrait Rès presque dans sa totalité. Le meau, ce liquide qui échappait à toute rationalité et dans lequel aucun humain ne pouvait survivre.
Néanmoins Marcus s’imaginait volontiers quitter cette île. Il ne la détestait pas, bien au contraire ! Mais cet espace exigu restreignait sa liberté, changeait chaque journée pleine de nouvelles promesses d’aventures en un long et en-nuyeux moment à passer. Oui, voilà, c’était l’ennui. La routine. Il ne pouvait plus le supporter.
Voilà pourquoi il passait la plupart de ses journées perdu dans des rêveries, faisant figure de tire-au-flanc pour ses parents désespérés. Il voyageait sur Rès, il partait dans d’autres mondes, il se voyait chef héroïque d’immenses ar-mées, tout cela même à quinze ans révolus. Il quittait mentalement cette île pour des moments de bonheur intense, si bien que plus rien ne l’atteignait et qu’il s’arrachait ses cheveux dorés en plaques sans s’en rendre compte. Une atti-tude peu adéquate quand il fallait travailler les champs chaque jour pour survivre.
En cet instant, il était adossé à un arbre et rêvait de magie. Marcus se basait sur un simple mot de son père, pro-noncé distraitement au cours d’un repas : « magique ». Lorsqu’ils lui expliquèrent le terme, ses parents s’énervèrent un peu, mais Marcus avait fini par comprendre : la magie, la sorcellerie, c’est ce qui permet de faire des choses par la seule force de la pensée. Et les efforts de ses parents pour lui faire comprendre que cela n’existait pas ne le dis-suadèrent jamais d’en rêver. Il n’en parlait plus, voilà tout. Et pensait constamment à la manière dont il dirigerait des mondes avec la magie, grâce à sa pensée surpuissante.
Une demi-heure plus tard, les yeux encore pétillants, Marcus se releva, brossa distraitement son ample pantalon et rejoignit la maison où il vivait seul sur l’île avec ses parents.
En sortant de la forêt, il remarqua une bulle d’eau flottant sur le meau et coulant lentement vers la grotte qui leur tenait lieu de réserve. Le mea u n’était jamais parfaitement plan, et par conséquent l’eau s’écoulait toujours vers certains endroits, comme leur île par exemple.
À la maison, la routine détestablement habituelle. Une rapide prière aux lares, dieux de la maisonnée, puis un repas fade. Marcus aurait presque préféré manger quelque chose de dégoûtant, pourvu que cela ait du goût.
Après le repas, il se sentait néanmoins d’humeur étonnamment joyeuse ; il songea à discuter avec sa mère, Galecca.
Galecca lavait les assiettes à l’extérieur. Marcus se sentait si léger que, sans aucune raison, il voulut parler de ses rêves, de ces rêves dont il gardait chaque détail pour lui seul, puisqu’ils se confrontaient à la si pragmatique réalité lorsqu’ils sortaient de son esprit.
– Maman… As-tu déjà essayé de faire de la magie ?
Galecca se raidit et lança un tel regard de haine à Marcus que celui-ci recula d’un pas. Elle ne prononça pas un mot. Marcus s’attendait à quelque chose dans le genre de « Comment, tu crois encore à ces sornettes à ton âge ? ». Non, seulement ce regard froid et distant qu’il n’avait jamais vu sa mère afficher.
– Qu’est-ce qui t’as mis ceci dans la tête ? dit Galecca d’une voix criarde. Tout, mais pas ça !
Et puis elle repartit de ses petits pas fermes et décidés, mais tout son corps se raidissait. Marcus crut même voir quelque tremblement la parcourir. Eh bien, on pouvait dire qu’il ne s’était pas attendu à ceci ! Cela lui apprendrait à divulguer ses rêves les plus fous.
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Siel
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BalanceCheval
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MessageSujet: Re: magie ennemie (nom provisoire)   Sam 24 Nov 2007 - 10:49

Lien vers la discussion :

http://songes-du-crepuscule.naturalforum.net/fantasy-f7/discussion-sur-magie-ennemie-t1281.htm#22538
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Mad



VerseauSinge
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MessageSujet: Re: magie ennemie (nom provisoire)   Dim 25 Nov 2007 - 11:26

Et voilà la suite !


Galecca n’en revenait pas. Quel idiot, mais quel idiot ! Et quelle idiote, elle, de n’avoir jamais remarqué cette attirance pour la magie, bien que le gamin ne sache même pas ce en quoi consistait exactement la sorcellerie ! Il était déjà assez dur de tenir l’enfant éloigné de toute forme de magie ; mais si en plus il désirait s’en rapprocher, la sorcellerie reprendrait ses droits, et Marcus deviendrait comme tous les autres hommes de Rès, asservi à la magie.
Galecca avançait hors de vue de l’habitation. Ce faisant, elle émit de petites vaguelettes magiques destinées à avertir le membre principal de la Société de Recherche contre la Magie, Trestain, mais elle ne le contacta pas directement. Galecca ne voulait pas réduire son espérance de vie en vain. Trestain trouverait bien un troufion qui lui prêterait un sortilège.
Elle ne tarda pas à entendre les paroles de Trestain dans sa tête. Le temps qu’il ajuste son sort, Galecca s’était glissée dans un petit coin discret où elle ne risquait pas d’être dérangée, surtout par son pseudo-mari. On avait beau dire qu’il possédait certaines compétences, cet imbécile ne pouvait tirer aucune conclusion claire d’une situation. Et, d’après Galecca, l’on était précisément dans l’une de ces situations.
La voix de Trestain résonna enfin clairement dans sa tête, mais à l’envers, comme si le son lui sortait des oreilles, un effet particulier de la conversation magique.
Quoi ?
Economie de paroles, bien entendu. Ce n’était pas la peine de gâcher de la magie en vain. Ce bourreau répandait déjà bien assez de souffrances.
Le gosse rêve de magie. Sondez pensées pour vérification.
Une chose dont ils n’auraient jamais dû se priver, le sondage de pensées. Lors du prochain essai, car il y en aurait sans aucun doute un autre désormais, ils contrôleraient tout.
La réponse prit un moment pour arriver. Trestain digérait l’information.
Fais ce que tu veux du gamin, puis reviens à Hasca. Fin.
Hasca. La base de la société de recherche contre la magie. Alors ils recommenceraient tout. Tout jusqu’au début. Et tout ce gâchis à cause… d’un foutu gamin ! Même si jamais il abandonnait ses rêves à propos de la magie, il serait trop instable pour le révéler au monde, pour lui permettre d’enfanter afin de continuer sa lignée.
Reviens à Hasca… Cela supposait que Marcus resterait ici et mourrait. Soit. De toute manière, il ne leur était plus d’aucune utilité. Et puis, il n’était pas voué à la mort : il lui restait toujours la galère de secours dissimulée sur l’île, que son pseudo-mari sortirait sûrement de sa cachette. Galecca savait qu’il était bien plus attaché à Marcus qu’il ne le fallait pour une expérience.
Bien entendu, cette galère ridicule était une fausse porte de sortie, car la ville-galère la plus proche se situait à une semaine de navigation à la rame. Et aucune galère marchande ne passait jamais dans le coin, bien entendu.
Galecca, pour sa part, devait partir au moyen de la magie. Cela la contrariait un peu, car ce sortilège grignoterait un peu son espérance de vie, mais il n’y avait pas d’autre moyen.
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Mad



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MessageSujet: Re: magie ennemie (nom provisoire)   Mar 27 Nov 2007 - 18:32

Citation:
Galecca, pour sa part, devait partir au moyen de la magie. Cela la contrariait un peu, car ce sortilège grignoterait un peu son espérance de vie, mais il n’y avait pas d’autre moyen.




Marcus souquait ferme. Il essayait de ne pas penser à la mort de ses parents. Ceux-ci étaient tombés au meau, cela ne faisait aucun doute. Marcus n’avait retrouvé aucune trace d’eux. Ils ne s’étaient pas volatilisés par magie ! Cet événement déchirait son être en deux moitiés radicalement opposées. D’un côté, un chagrin qui dépassait les bornes de la compréhension lui infligeait une immense douleur, réaction normale s’il en est ; mais de l’autre, venant de la partie de son esprit dont il avait le plus honte, et qu’il essayait désespérément de faire taire, il trouvait que c’était l’occasion rêvée pour partir. Pour tenter l’aventure.
D’ailleurs, cette aventure aurait bien pu ne jamais commencer. Coincé sur l’île, le travail fatiguant et sans intérêt de ses parents l’attendait. Puis il avait trouvé une galère sur l’île. Marcus ne savait pas ce dont il s’agissait, mais des plans trouvés dans un tiroir l’éclairèrent sur la nature de sa découverte. La galère se terrait au fond d’une grotte ; Marcus ne se souvenait pas d’avoir jamais vu cet endroit. Néanmoins, il avait saisi l’occasion, et il se retrouvait à ramer comme un désespéré pour atteindre un endroit avant que ses vivres ne s’épuisent.
Marcus éloigna ses pensées de l’événement. Il pouvait se concentrer sur un but précis sans interférences, ce dont il était fier. En l’occurrence, il spéculait sur ce qui l’attendait au terme du voyage. Une terre, sans doute. Rès ne pouvait être entièrement couvert de meau ! Ou bien alors si. Ses parents n’avaient jamais éclairci le sujet. Ses parents…
Non. Pas d’interférences. Il avait déjà donné sa part de larmes. Avancer. C’était tout ce qui comptait. Et trouver quelque chose pour occuper son esprit. Synchroniser les pieds et les mains. La galère possédait quatre rames, deux actionnés par les mains et deux actionnées par les pieds, ce qui lui faisait gagner un temps précieux. Ce merveilleux système fonctionnait à merveille. On ne savait jamais, le voyage pouvait s’étirer… S’il s’étirait trop, Marcus mourrait, il le savait bien. Ses provisions, même sèches, ne pouvaient s’étendre à l’infini. Mais mieux valait mourir dans cette galère plutôt que de dépérir seul sur l’île où il avait passé toute sa vie.


Le voyage s’étirait bel et bien. Déjà quatre jours sans aucune terre. La nuit, Marcus s’orientait grâce à une étoile ; le jour, il faisait de son mieux pour garder son cap, mais il savait bien que son parcours devait ressembler à une longue suite de détours. À chaque coup de rames, il sentait un peu de ses espoirs s’envoler, et le goût âcre de l’aventure ratée lui restait dans la gorge.


Après une semaine, toute trace d’humanité avait quitté Marcus. Ses vêtements, déchirés en de nombreux endroits par des coups de rames, ternissaient insensiblement ; sa voix (car parfois Marcus parlait tout seul, juste pour le simple plaisir d’entendre une voix) était descendue de deux octaves ; et il gardait les sourcils froncés en permanence, comme si une lumière aveuglante l’atteignait.
Soudain, il sentit son cœur faire un bond et posa ses rames. Il se leva et, avec des gestes violents, arracha quelques planches inutiles à la coque de la galère. Marcus voulait changer quelque chose, n’importe quoi, pourvu que cela change. Il saisit deux pierres à feu dans ses affaires et lança quelques étincelles sur le tas de planches qu’il venait de constituer. Il se moquait des conséquences, du moment qu’il parvenait à faire un feu, à chauffer ses aliments. Le bois ne prenait pas facilement. Marcus fit jaillir encore et encore des étincelles.
Puis il y eut un grand « floc ! » juste à côté de lui. Cependant l’adolescent ne leva pas la tête et continua sa tentative animée par le désespoir. La galère fut ballotée. Marcus jeta un bref coup d’œil hors de son embarcation. Une bulle d’eau venait de monter à la surface et coulait paresseusement. Marcus la considéra avec un manque d’intérêt évident, puis peu à peu il lui vint à l’esprit que, si cette eau coulait quelque part, c’était sans aucun doute vers une terre ou quoi que ce soit d’autre, qui créait une dépression ! Marcus sauta sur ses rames, pensa qu’il s’en était fallu de peu pour qu’il brûle son moyen de survie, et suivit la bulle d’eau.
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