Les Songes du Crépuscule

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Au Royaume de Bouboul...

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Bat'niak
Chroniqueur


CancerRat
Age : 24
Inscrit le : 11 Juil 2007
Messages : 271

MessageSujet: Re: Au Royaume de Bouboul...   Ven 3 Aoû 2007 - 23:56

Mirkie pointa le bout de son nez tacheté de pigments chauds au-dessus du retourné mage bourdonnant. Après ce qui sembla un hoquètement perplexe, elle intima à sa glotte de sonner le branle-bas, et accueillit le culotté inconnu avec des galipettes pavées.
La courte reine Ephémère suspendit son fouet en l'air, éberluée.
- Karmather ! Ne serait-ce point une ficelle qui vous moule les poignées d'amour ? D'ordinaire, vous portez des caleçons, vous aussi, pour masquer ces flasques fesses qui sont vôtres ! Pourquoi cette frasque vestimentaire ? Vous vous croyez sans doute dans une des peintures de cette sotte gloussante qui glapit aux côtés des marbrures du sol ?
La gêne s'abattit sur Bouboul 1er comme une main d'enfant sur une vitrine propre. La menace du fouet clinquant de clous oscillait toujours dans le poignet levé de la Reine Bottée. Le salut vint de la verte chiroptère, cheveux en pagaille, qui prit les devants :
- Ma Reine, puis-je me permettre de porter à votre connaissance la teneur des dessous de cet importun ?
- Goimf ? lâcha la souveraine, une grimace tordant ses lippes. Je ne m'intéresse déjà pas à la teneur de mes fonds de chausses, alors pourquoi diantre...
- Mais quelle bouillie de gluons, cette réduction salée ! pesta Dame Agnès, sortant de ses gonds avec force éclairs aux yeux. Et dire que le Royaume l'a à sa tête, sans compter son épousé qui se poinçonne les lunes à coups de clous rouillés !
- Comment osez... tenta la dirigeante offusquée, dans un brin de phrase éphémère.
- Eh bien, foutre-quenelle ! jura Dame Agnès, sa toison capillaire luisant comme les monts enneigés des Songes. Faut-il que j'empreinte les pinceaux de notre amie Mirkie pour lui faire une enluminure ?
Greenbat, soucieuse d'éviter les cachots remplis de pitance de pipistrelle à son amie, lui colla une gomme à mâcher d'un rose braillard entre les dents.
- Votre Altesse en-kilosée, si votre lourdeur se rapporte à votre candeur, vous êtes le sphinx des sottes de ce coin, flatta la Greenbat, des filets de miel s'écoulant de ses crocs.
La reine se rengorgea quelque peu, rengainant son fouet usé dans sa jarretelle. Un haussement de sourcil indiqua à la verte chauve-souris qu'elle pouvait poursuivre.
- Ce que j'entendais par la teneur des dessous de cet Aytan, - si vous pouviez d'ailleurs vous réhausser à notre niveau - c'est ceci : regardez par vous même, ma Reine, ce qu'affirme le tissu.
La reine Ephémère papillonna follement des cils, troublée par ces propos. Il lui fallut un instant d'une mollesse incalculable pour parcourir le caleçon étoilé de l'arrivant. Enfin, après qu'elle eut bien parcouru les failles et les bosses de la pièce en question, elle focalisa son attention sur l'inscription à l'encre indélébile.
Quelque part dans le silence, un gling de maille qui pousse retentit.
- Aaaaah ! fit Ephémère, tandis que le jour forçait l'entrée de ses synapses. Ooooh !
Plusieurs autres maillons firent chanter le métal en éclosant un peu partout dans la salle d'audience.
- Blasphème ! lança Karmather, une flamme dans le regard.
- Par la barbe du Grand Schmucklam écailleux des Plaines de Skort ! s'écria Dame Agnès, que la surprise rendait sonore. Mais quel toupet !
- Beh quoi ? fit la Bat'niak, blasée. Pas de quoi pétarader de fierté parce que vous gagnez de la longueur. C'est facile pour vous, aussi ! De toute façon, votre communauté de l'anneau ne m'intéresse pas. J'ai bien d'autres talents qui me rendront incontournable à votre royaume cham-boulets ! ( il faut prendre un accent, là )
- Ah oué ! cracha le koala roussi, frappant son torse armuré d'une main retentissante. C'est comme ça ?! Et moi, alors, je peux aller chasser le mouflon dans les fosses d'aisance ? Tu vas pas t'en tirer comme ça, Aytan !
- Quelle musculature sous cette barbe ! s'extasia Mirkie, son regard encore ballotté par le roulis herbeux. Et ce bourdon crépitant ! Quelle finesse dans la sculpture ! Je peux vous croquer sur un mur ? Au fait, si vous êtes le Dieu des Songes, ça veut dire que je peux être votre Déesse ?
Et, usant ds artifices vaporeux de l'eucalyptus sur la relieuse de grimoires, Aytan décocha un sourire clinquant à celle-ci, et toisa le reste de l'assemblée médusée avec défi. Kolaru fit grincer ses jointures.
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greenbat
Ecrivain de Destins


LionChèvre
Age : 29
Inscrit le : 04 Avr 2007
Messages : 2570

MessageSujet: Re: Au Royaume de Bouboul...   Mar 14 Aoû 2007 - 21:27

Dédaignant le koala géant et bringuebalant dans son armure, le dieu se retourna vers Mirkie la gaillarde.
- Trés chère, sachez qu'un dieu ne peut se compromettre avec une artiste bohème telle que vous. Mais, mon elumineur perso devrait pas tarder, vous pourrez toujours tenter votre chance avec lui.
La bibliothécaire à la libido déchainée pressa le Grand Aytan de questions.
-Un Enlumineur Divin? Interressant ! Et comment se prénome ce mysterieux chef du pinceau?
- Amôn.
Un frisson parcouru l'assistance. Ce nom faisait trembler toute personne censée. Ces oeuvres satiriques pouvaient vous épingler au moindre faux pas. En tant qu'Enlumineur Dieuesque, il avait pour mission de dénoncer les petits travers de chacun par le biais d'oeuvres colossales qui s'étalaient en général sur le fronton de votre bicoque. Il était presque plus craint que Siel, prince percepteur d'impôts imaginaires.
Le roi Bouboul 1er qui avait été plus d'une fois victime de ce dangereux pinceaupathe s'enquit de la situation.
- Vous voulez dire que cet enf...euh, ce Maître es gribouillis va se pointer là maintenant?
- Voui. répondit dieu. Il vient de se produire dans ce royaume un monceau de conneries qu'il Nous faut absolument dénoncer afin que du plomb rentre dans vos cervelles de mouflons neurasténiques, de drogués immondes... bref, la Main de Dieu doit frapper!

TADAAAAAAAAAAAM

Les chauves souris et dame Agnès qui étaient de loin les êtres les plus avertis de l'assemblée commencèrent à filer en catimini mettant en pratique la fameuse "marche-en-crabe-semi-courbée" que tout bon fourbe qui se respecte apprenait dés la naissance.
Greenbat qui avait la malchance d'être partie en tête de file (c'est ça la couardise!), se heurta soudain ( enfin trébucha soudain) sur un ignoble petit homme gnomesque à l'air furibard. Bien évidemment, la situation s'aggrava lorsque Dame Agnès et Bat'niak occupées à surveiller dieux et rois du coin de l'oeil rentrèrent dans le lard de la verdoyante chiroptère, qui par voie de conséquence se vautra sur le bonhomme. Le cri de rage (hiiiiiiii) terrifiant que poussa le nain attira enfin l'attention de l'assistance. Aytan accourut en se renculottant ( ben oui, il avait coincé sa chasuble dans son caleçon et venait de s'en apperçevoir).
-Amôn! Mais que faites vous dans cette position fort déconcertante?
-Argh, grouompf, gnarf!
-Mais virez moi ces energumènes (ben aprés la verte les autres s'étaient vautrées aussi sur le gnome, forcément!)de sur mon enlumineur! Il va finir par calencher le bougre!
Bouboul 1er soucieux d'echapper au courroux du pinceaupathe se précipita à son secour, bondissant à travers la pièce, chaine et boulet rebondissant sur les pauvres sujets du royaume qui ne se gaffaient pas sur son passage.
-Amôn, cher vieux Amôn, comment vous sentez vous? s'écria le Roi en jartant avec une étonnante dextérité les 3 follasse qui s'escrimaient sans effets pour se relever.
Dés qu'il eu reprit son souffle, l'Enlumineur Divin se mit à vitupérer.
- Gniiiii gnééééé hiiiiiii grrrrrrargh.
Tous firent silence devant ce gloubi-boulga de mots. Le pauvre Amôn allait manifestement souffrir de sequelles suite à sa rencontre pipistrellesque...
_________________
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Siel
Vénérable à plume ...


BalanceCheval
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MessageSujet: Re: Au Royaume de Bouboul...   Mer 15 Aoû 2007 - 12:46

- 'ch'comprends rien... ch'uis l'seul ou bien...
Ainsi parlait Kolaru… parfois… sous l’emprise d’eucalyptus ou de bave de crapaud. Amôn, un pinceau à la main, son boulet dans l’autre, le fusilla du regard. Littéralement ! L’embout d’une sarbacane (A la Cabrel) avait jailli de son œil droit, faisait siffler les dards.
- Gné Gouzi Gnéé Moui !! se justifia Amôn.
Nouvellement strié d’aiguillons, le koala tomba au sol, transformé en hérisson. Son ronflement nasal résonna dans le hall royal.
Tout en levant les bras, l’Enlumineur Divin sautilla alors d’un bout à l’autre de la pièce sous les regards médusés de Roi, de Reine, de chauves souris et de Dame Agnès.
- Je comprends mieux pourquoi il faut en avoir peur… susurra la plus verte de tous.
Le Roi, visiblement troublé par cette intrusion, allait quérir une aide en la Reine Ephémère mais son coup de coude ne surprit que le vent : la reine avait disparu… (Musique tragique)
- Malédiction ! s’époumona Le roi Bouboul 1er
- Mal et diction !! renchérit Dame Agnès qui, bien qu’empêtrée chaînes et boulets avec les deux chauves souris n’était jamais à cours de jeu de mot (qui a dit pourri ???)
- Mon caleçon !!! s’empourpra Aytan qui se refroquait tant bien que mal.
- Miaou ! cracha le dragon…
Le dragon ! Dans l’euphorie du moment, les gens s’étaient détachés de leur boulet et en avaient oublié le plus gros : celui du dragon Napalm. Il grognait (le dragon, pas le boulet… faut suivre un peu !!), raclait des ergots, se refaisait la crête. Il avait été manipulé, drogué, enluminé par une illuminée et se retrouvait là, très très rouge de colère, à regarder se débattre la Honte et la Luxure.
Mirkie, vaillante Mirkie, l’esquiva pour se jeter sur son Dieu de nain.
Greenbat, Bat’niak et Agnès tentaient vainement de se dépêtrer de leurs chaînes emmêlées.
Amôn sautillait partout.
Et, pendant ce temps là, tandis que le chaos l’emportait les bras levés, la Reine Ephémère, dans une salle reculée du Royaume de Bouboul, se prélassait dans sa piscine…
_________________
"Y'a des jours où il faut pas m'chercher, et y'a des jours tous les jours"


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Kolaru
Réveur


CancerSinge
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Messages : 707

MessageSujet: Re: Au Royaume de Bouboul...   Jeu 16 Aoû 2007 - 16:06

Kolaru, lorsqu’il fut harponné traîtreusement par Amôn, sombra dans un doux rêve. Il regardait l’horizon du haut d’un eucalyptus, le soir tombait gentiment et il songea, dans son rêve, à ce qui l’attendait…
Les cuisses d’Ephémère, il en avait l’eau à la bouche, car il n’y avait qu’elle, sa Mama, pour cuisiner si bien ces petits insectes. C’était son plat préféré, eucalyptus aux éphémères, et il savait qu sa Mama avait aussi préparé une salade d’eucalyptus en entrée et une glace à l’eucalyptus pour le dessert. Kolaru descendit de son arbre onirique pour rejoindre l’arbre à manger, c’était un bel eucalyptus géant où s’activait sa Mama en prévision de la fête. Car c’était fête ce soir, le koala ne savait pas pourquoi, mais c’était fête. Et de nombreux autres kolas vinrent se joindre à lui pour faire ripaille joyeusement. L’alcoolyptus (alcool d’eucalyptus) coulait à flot, tout parlaient bruyamment dans un désordre joyeux, la Mama koala avait l’air très stressée… mais c’était un beau rêve, bien reposant. Le chahut des conversations ne gênait pas Kolaru qui s’y joignait volontiers.

« On veut les éphémère ! » cria soudain un gros koala en bout de table. Tous reprirent joyeusement cette demande car le plat principal se faisait attendre.

« Les éphémères !
— Les éphémères !
— Les éphémères ! »

Et dans la salle du royaume de Bouboul on put entendre le koala endormi, un sourire béat murmurer « Ephémère, Ephémère, Ephémère » dans son sommeil… Ce qui le mettait dans une situation délicate vis-à-vis du roi.
_________________
Le talent n'est qu'une longue patience.
Flaubert
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karmather
Réveur


SagittaireChien
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Inscrit le : 11 Juil 2007
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MessageSujet: Re: Au Royaume de Bouboul...   Jeu 16 Aoû 2007 - 19:19

S'il y'avait un art que le peuple du royaume maîtrisait à la perfection, c'était celui de passer d'une situation où les conversations s'entremêlent dans un brouhaha des plus désagréables, à celle d'un silence absolu. Ce silence peut être motivé par bcp de choses, mais dans les trois quarts des cas il est motivé par un tout petit détail, où un seul individu. En l'occurence l'individu responsable de cette absence de bruit soudaine aurait certainement préféré servir de repas au dragon plutôt que de souffrir le poids de tant d'attention. Il est vrai que parler de la Reine de manière aussi passionnée ne pouvait qu'avoir cet effet, quand on sait que la pauvre dame n'attirait pas forcement le regard, sinon par une sorte de respect compatissant, eu égard à son allure disgrâcieuse.
Alors quand en plus on se réveille criblé d'épines à faire pâlir le Roi lui même (pourtant maître es tortures), et les yeux révulsés à faire peur à un zombie mal luné, on est en droit de se poser des questions. Ainsi la première du Koala fut:
- agggeuuuh?
Ce qu'on pourrait aisement traduire par: "qu'est ce qui se passe?".
Imaginez vous que l'enlumineur de ces dames continuait de sauter partout, dans l'indifference générale, ce qui donnait encore davantage de poids à l'intervention embrumée de Kolaru.Le roi brisa le silence.
- Visiblement vous avez l'air d'avoir apprécié le voyage? Au risque de choquer l'assemblée je serais tenté de vous demander si les cuisses de la Reine vous ont semblées douces?
La salle entière venait de s'arrêter de respirer. Une boule de végétal roula,poussée par le vent qui s'insinuait dans la grande pièce.
Le roi, qui se faisait toujours un joie de casser les pauses, éclata enfin,mais pas du sentiment que l'on aurait pu croire.
- Dans mes bras, peluche friponne que vous êtes!
Le roi s'avanca, puis marqua un arrêt à mi-chemin, car il venait d'intégrer deux choses: il s'apprêtait à faire une chose contraire à son éthique (serrer un subalterne dans ses bras n'a assurément jamais fait partie de ses principes), et il allait faire également quelque chose de très dangereux (vous serrez un porc-épic dans vos bras vous?). Le roi Bouboul (le seul l'unique) reprit contenance.
- Hum...oublions nos differents passés, mon cher jouet à poils. J'ai désormais conscience de l'intérêt que vous portez à ma brutale moitié. Je vais donc vous proposer un marché, mais venez donc dans la pièce voisine avec moi que nous en discutions au calme.
Il souligna sa réplique d'un regard accusateur envers l'assistance médusée, excepté le Dieu Aytan qui s'amusait beaucoup de la situation, Mirkie qui dévorait l'enlumineur des yeux, et ce dernier qui avait cessé de rebondir et qui s'escrimait à enluminer les détails les moins décents de l'oeuvre peinte au mur par son admiratrice.
Le roi et la peluche s'éloignèrent.
Les chauve souris s'entre-regardèrent bêtement, tandis que Dame agnès essayait avec une discretion bien à elle d'aventurer sa tête sous la tunique d'aytan pour jeter un oeil plus averti sur les dessous des Dieux (une bonne pub tiens!).
La Reine déboula dans la pièce "fraîche" et dispos, une serviette Royale dans ses cheveux encore humides.
- J'ai loupé quelque chose?
_________________
Arrivée du second chapitre!! Le premier texte intéractif des Alfes n'attend plus que vous!

http://lesalfesblancs.naturalforum.net/textes-interactifs-f14/projet-cent-13-texte-t264.htm
http://lesalfesblancs.naturalforum.net/textes-interactifs-f14/projet-cent-13-explication-du-projet-t230.htm
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Bat'niak
Chroniqueur


CancerRat
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MessageSujet: Re: Au Royaume de Bouboul...   Dim 19 Aoû 2007 - 0:02

"Freup freup freup" fit un bruit lointain, filtré par les poussières dorées qui virevoltaient autour du pinceau d'Amôn, l'Enlumineur aux courtes pattes. La reine Ephémère défit sa serviette, laissant goutter sa chevelure avec des "plok plok plok" irritants. Dame Agnès entortilla un doigt fripé autour d'une de ses boucles de lune. Sa mâchoire s'affairait toujours sur la gomme rose que la chiroptère herbeuse lui avait collée, produisant un va-et-vient de "mpk mpk mpk" humides. Bat'niak, renfrognée sur le sol froid, attendait qu'une providentielle chaîne lui poussa au bout de la patte, malgré ce qu'elle en disait. Greenbat lâcha un rire de courtisane, émue par un rot épicé qui venait de franchir le rempart de ses lèvres. Napalm se curait obligeamment les entre-crocs, sa queue ondoyant comme un tentacule égaré. Mirkie s'était quant à elle jetée à bas d'Amôn -en réalité elle était à plat-ventre sur le dallage - et baisait les ourlets de sa tunique, un sourire dégagé sur le visage.
- Par Mes divins dessous fleuris ! tonna Aytan, une lueur dévastatrice dans le regard. Que cesse ce clinquant chaos dans l'instant, ou je ne réponds plus de mon ire !
L'imposant dragon releva sa tête, attentif à ce qui allait suivre. Dans ses pensées, des petites voix intérieures scandaient "Manger ! Rôtir ! Broyer !" sur un rythme affamé.
- Ce royaume parle à vol haut ! poursuivit le Dieu des Songes, avant de froncer les sourcils, envahi d'un doute. Veau l'eau ? Paravolo ? Parle au veau d'eau ?
Dame Agnès, qui n'était jamais à court de bonne action, l'interrompit :
- Il part à vau-l'eau, Ô Divin Aytan ( aux dessous affriolants, continua-t-elle en pensée, la libido titillée par son épiage espiègle ).
- Qu'est-ce qu'elle me dégoise, la périmée ? s'enflamma le Dieu, horripilé par cette emphase sur son inculture. Si j'ai besoin de verbiages ineptes, j'irai m'adresser à ce gros lézard gingivité !
- Greuuuu... parvint une rumeur menaçante, localisée dans les entrailles dudit lézard. Gingivité ? Moi ! Tu vas voir ce que tu vas voir, insignifiante vermine mal culottée ! Sache que mes gencives sont fortes et saines, et que si je m'abaissais à croquer des manants de ton espèce, là, oui, j'attraperais la gale des crocs !
Amôn suspendit son pinceau sur l'épaisse toison qu'il s'apprêtait à enluminer. L'affront fait à son maître n'allait pas rester impayé ( quelque part, Aytan ressemblait à Siel quand il réclamait pécune ).
- Comment oses-tu... ! gronda le Dieu des Songes, son bourdon sculpté serré à outrance dans sa main. Prends-ça dans ta crête, sale salsifi mal salé !
Et, avec un tournoiement de poignet digne d'un saltimbanque, Aytan retourna son bâton magique contre le dragon. Napalm ne bougea pas d'une écaille. La riposte n'était pas aussi laborieuse chez lui, habitué qu'il était à lancer ses boules de feu sur la marmaille chevaleresque par régiments.
Mais au moment où des flammèches bleues jaillissaient du noeud de bois du bourdon, arriva un intrus.
- Freup freup freup ! A, enfin de la compagnie ! Il y aaaaaaaaaaaaaaah !
Avec des cris d'orfraie ( à ne pas confondre avec l'or frais...auquel seul Amôn le Nain aurait pu attribuer le sens de la parole ), une boule de plumes blanches vola droit vers les mâchoires récurées de Napalm Dave. Sa queue flambait joyeusement d'un bleu aquatique, tandis que le croupion commençait à roussir de façon dramatique.
Peut-être mu par un élan de pitié, le dragon crachota un filet de fumée vers l'oiseau neigeux, qui l'envoya buter en piquée contre le crâne hautain d'Aytan, lequel tomba dans l'inconscience.
- Gnaaaak!!! Mon Dieu ! Mon Divin Aytan ! hurla Amôn d'une voix de chèvre, pris de panique. Aytan est mort !
- Vive Aytan ? proposa la pipistrelle végétale.
- Le Dieu des Songes a péri ! reprit Amôn, bouleversé.
- Mais non, pauvre truffe des sous-bois ! le rembarra Dame Agnès, navrée par les couinements de l'Enlumineur Divin. Il a simplement un petit trou à la caboche, un coup de bec n'a jamais tué personne ! Et qui sait, ça laissera p'têt passer un peu d'intelligence ?
- Qu'on m'éteigne le croupion, par pitié ! pigna une voix endolorie. Ma queue, ma belle queue ! Je ne veux pas perdre mon croupion en sus !
Secourable, Greenbat et Bat'niak se jetèrent par terre aux côtés de l'emplumé en souffrance. La chauve-souris aigrie attrapa l'oiseau par la peau du cou, attendrie par ses grands yeux noirs dans sa face cotonneuse, tandis que sa comparse retroussait ses manches. Puis, sans crier gare, elle étouffa les flammes bleues avec sa main.
- Oh ben ça alors ! siffla Ephémère, jusque-là restée les bras ballants à attendre que ses cheveux finissent de sécher. Si j'avais su que les zoziaux aussi aimaient la fessée !
Dans un soupir de soulagement, l'emplumé fut reposé au sol. Vexé qu'on lui vole l'attention, Napalm sortit exercer son souffle sur les plantations d'eucalyptus. De son côté, le raccourci Amôn avait saisi son maître par les aisselles, et s'échinait à le traîner hors de portée de cette faune vicieuse. Mais rien n'y faisait, son fardeau ne consentait qu'à se déplacer de quelques pouces, en lui arrachant toutefois des ahannements dignes d'une jument en plein travail. Mirkie, que l'admiration rendait béate, posta ses longues jambes au-dessus de sa tête et lui prêta main forte.
- C'est qu'il est mignon tout plein le p'tit piaf immaculé ! gazouilla Bat'niak, le doigt caressant le dessous de bec du rescapé d'Aytan.
- Oué, il sent encore un peu la vollaile grillée, mais ça doit pouvoir s'arranger avec un bain d'épices, la seconda Greenbat, légèrement enrhumée.
- Et c'est-y qu'il a un nom, ce charmant volatile ?
- Euh... bah... Plume d'Ange, m'ame, répondit-il, le regard fou. Ne me faites pas de mal, je peux tout oublier, je ne dirai à personne ce que j'ai vu au Château des Songes !
Les verte et jaune chauves-souris se regardèrent perplexement.
- Ne m'ouvrez pas le ventre pour me fourrer de paille et m'accrocher aux murs, je vous en prie ! gémit Plume d'Ange, au bord de l'évanouissement.
Nouveau regard mutuel, curieux cette fois-ci.
- Ouh, mais c'est qu'il est tout retourné, le p'tit sac à plumes ! fit Greenbat, soucieuse. Faudrait voir à l'apaiser un peu avec les remèdes de Kolaru.
- Ne m'approchez pas, créatures maléfiques ! glapit l'oiseau semi-rôti, les ailes en pagaille au-dessus de sa tête. Laissez-moi partir ou je vous équarris le cervelet de mon bec !
Dégoûtée, la verte chiroptère repoussa la boule de plumes, qui roula aux pieds de la reine, tremblante.
- Garde tes miasmes haineux pour toi, emplumé de la reconnaissance ! s'emporta-t-elle, outrée.
- Oué, c'est ça, libère l'espace, outre à duvet ! l'épaula Bat'niak, le regard hargneux.
Et, en jurant tous les stades de l'oeuf, Plume d'Ange prit son envol par la petite porte qui venait de s'ouvrir sur le roi Bouboul et Kolaru, bras-dessus bras-dessous, unis dans le complot.
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Plume d'ange
Ecrivain


VerseauCochon
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MessageSujet: Re: Au Royaume de Bouboul...   Mar 21 Aoû 2007 - 14:05

Le pauvre volatile venait à peine de quitter la salle du trône d’un vol erratique et tremblotant, que Dame Agnès, n’y tenant plus, apostropha les femelles vampires en train de houspiller le malheureux comme les deux harpies en manque d’eucalyptus qu’elles étaient :
- Arrêtez donc de couiner comme des tenancières de bordel sur un client sans pognon, espèces de folles dégénérées !
Il faut bien dire que ce langage, fort éloigné de son verbiage habituel, lui restait d’anciennes relations maritimes. Dame Agnès avait en effet, à une époque aujourd’hui révolue, beaucoup trainé et bourlingué dans presque tous les ports du monde. Elle se démenait depuis pour jeter un voile pudique sur ce passé douteux et quiconque évoquait cette partie de sa vie prenait un risque incalculable. Mais la colère, qui pouvait parfois prendre chez elle des proportions dantesques, témoignait dans ses aspects les plus aigus d’une capacité très étendue en matière de vocabulaire de cambuse !

Or donc, toute congestionnée de fureur, la gente dame menaçait d’exploser sa charmante tenue XTH2456 et postillonnait au nez des deux goules médusées en leur glaviotant à la face des petits bouts de gomme d’un rose fort joli :
- Vous devriez avoir honte, vomissures de pochetron ! disait la forcenée. Un si joli pioupiou se pointe, se fait griller le duvet, et vous le molestez sous couvert de l’aider ! .... Je vous ai vu, les infirmières du vice, frotter le fessu dindon en lui murmurant des insanités ! Vous avez même essayé de le droguer le pauvre !
- Nous on voulait aider ! gémirent les Bats-sisters, déjà bien maculées.
- Une petite fessée ça ne fait de mal à personne ! ajouta derechef la reine Éphémère en regardant la porte d’un œil égrillard qui eut fait pâlir l’éventreur lui-même !
- Et puis, c’est beau le viol de l’ange.....hin hin ! grinça Bat’niak, précédant de peu le hurlement de sirène d’alerte qui tenait lieu de rire à sa compagne olivâtre. Et les deux comparses de s’entre-éclabousser le museau de bave, secouées d’un rire gras et cynique digne d’un sadique en train d’arracher les pattes d’un chaton !

N’y tenant plus, Dame Agnès décida de tourner casaque et de suivre l’infortuné moineau afin, bien entendu, de l’assister dans sa détresse !
- Puisque c’est comme ça, je vais m’en occuper moi-même ! Et je préviens gentiment la populace que la première gourgandine qui agresse mon protégé va méchamment pisser du groin ! Désormais, il fait partie de MA ménagerie ! Beugla-t’elle avant de claquer la porte au nez de l’assistance épouvantée.

- Le pauvre.......là il est vraiment foutu ! murmura la reine.
Un silence de cathédrale étouffa soudain l’assemblée, à peine troublé par les brames de Mirkie et d’Amôn, ahanant toujours comme des bûcherons en balayant le sol de leur divinité qui fuyait légèrement des méninges ..... Et dehors, Napalm continuait de se détendre et carbonisait les champs en sniffant les vapeurs d’eucalyptus..............C’est moche un dragon accro !.....

Dans le même temps, dans la pièce à coté, le roi discutait ferme avec son Koala devenu favori.
- Mon cher sujet poilu, nous nous sommes compris, j’en suis heureux ! dit le souverain qui clignait de l’œil.
- Euh.......ouif......bof.......barf....bien entendu ! répondit Kolaru, un peu surpris de la tension oculaire du monarque, mais bien trop occupé à chercher de quoi il en retournait pour le lui faire remarquer.
- Alors c’est entendu ! Comme vous le savez, les assauts de mon emportée compagne sont parfois de nature à me laisser sur le carreau et, l’âge aidant, j’ai de plus en plus de mal à m’en remettre. Je compte sur vous pour la détourner en partie de ma personne ! tonna Bouboul en clignotant de plus en plus.
- Ah haaâaaaa ? s’époumona le poilu horrifié !
- Ne criez pas votre bonheur mon ami, ce sera notre petit secret ! Je vais établir un calendrier à votre intention et fixer les dates ou je m’éloignerai pour laisser le champ libre, petit sacripant ! Ce sera notre .......éphéméride ! sourit le roi dont l’œil battait maintenant les records de fréquence d’un pic-vert à l’assaut d’un baobab !

Un tantinet violacé, Kolaru gargouillait de curieux borborygmes quand son seigneur attendait une réponse enchantée. Il ne dut son salut, tout provisoire, qu’à l’arrivée inopinée d’un oiseau très étrange qui tremblotait en marmonnant :
- Des fous !..........ce sont des fous !!
- Holà l’emplumé ! Quelle folie vous pousse à troubler ainsi notre conférence et à déranger ma majesté ! tempêta le roi en foudroyant l’intrus d’un regard mauvais !
- hé bien vot’ grandeur, je suis venu en ce royaume, attiré par une certaine rumeur d’élection...........et, dès mon arrivée, on m’a fait cuire le croupion, et deux grandes folles m’ont molesté et ont tenté de s’emparer de ma personne ! sanglota Plume d’Ange.
- Les présentations sont faites alors.......mais que faire de vous maintenant ?
Un peu troublé et pressé de détourner l’attention de sa modeste personne, le koko coquin se fendit d’un fracassant :
- A l’odeur, je dirais qu’on le bouffe, vot’gravité !
- Et mon cul, c’est du p......euh....... ! réagit le pigeon annoncé.
- Ben justement..............se pourléchait Bouboul en accord avec son loyal sujet.

Deus ex machina, c’est à ce moment là que Dame Agnès fit irruption, et courut vers le pauvre Plume d’Ange, désormais hystérique, en hululant un très troublant « petit petit petiiiiiiiiiiiit » tout en parsemant le sol de graines à oiseaux survitaminées !
- Il est à moi ! Je le prends dans ma ménagerie ! Défense de mâchouiller mon zoziaux ! Petit petit petiiiiiiiiiiit !...
Abandonnant toute contenance et toute prétention à la respectabilité, le pitoyable séraphin vagissait en bavant, laissant à peine filtrer quelques mots entre deux hoquets :
- Sont tous complètement cintrés ! Mais celle-là, elle est complètement barréééééééééééée ! Me faites po mal Madame ! J’suis po c’que vous croyeeeeeeeez !

Puis, vaincu, la tête basse, il se laissa emmener par la douairière papillonnante qui tentait de lui faire gober les immondes graines sous les regards goguenards du koala et de son maitre.

- C’est pas humain........le pauvre......on aurait vraiment du le bouffer ! dit Kolaru un brin songeur, faisant inconsciemment écho à la reine Ephémère.
- On s’en fout, on verra plus tard ! Revenons plutôt à nos moutons ! le gourmanda le roi avant que la porte ne claque sur la destinée bien aléatoire de Plumplum..................


Dernière édition par le Lun 3 Sep 2007 - 15:03, édité 1 fois
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karmather
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MessageSujet: Re: Au Royaume de Bouboul...   Mar 28 Aoû 2007 - 13:18

Un vent frais, du genre de ceux qui annoncent la saison suivante, soufflait sur les plaines du royaume. Il emportait avec lui les arômes divers et variés générés par les nombreuses cultures. Ainsi l'odeur âcre de l'eucalyptus se mariait sans vergogne avec les effluves fruités des vignes environnantes. D'ailleurs les bonnes gens du royaume s'affairaient à la cueillette du raisin.
Tout était si calme, tout était tranquille. Les gens étaient si...pressés de fuir à toutes jambes, le feu aux fesses!!
Le dragon prenait une joie démesurée à terroriser les paysans, et ces derniers en prenaient beaucoup moins à l'idée de se crâmer à la tâche.
Le tumulte ainsi généré eût le don de faire sortir toute la cour du roi. Mirkie et Amôn, portant leur dieu à bout de bras, et le couple de conspirateurs composé du roi et de la peluche, sortirent en dernier. Tous admiraient le spectacle, le ballet aérien tout en pyrotechnie et acrobaties de paysans.
Un cri inhumain vint bientôt se joindre au brouhaha ambiant. Inhumain étant une chose logique vu qu'il provenait d'un animal, et filtrait de l'intérieur de la bâtisse de Dame Agnès.
- Nonnnnnnnnnn arrêtezzzzzzzz! Ces graines vont me tuerrrrrrrr! Au secouuuuuuuuuurs!
Une voix sans âge lui répondit non sans une certaine fermeté.
- Allons allons cesse donc ces jérémiades! Ces graines vont redorer tes plumes mon brave zoziau.
- Oui mais depuis tout à l'heure vous vous trompez d'orifiiiiiiiiiiiiice! Ma tête c'est pas par lààààààà. J'ai maaaaaaaaaal!
Un "oups" de circonstance vint clore les débats. Puis un silence s'installa (silence relatif au vu de la rave party à laquelle s'adonnait le dragon). Un bruit sourd résonna enfin et les hurlements reprirent. Dame Agnès s'écria:
- Il est vivaaaaaaaaaaaaant!

Pendant tout ce temps le roi continuait son petit entretien, même à l'extérieur, avec le Koala, qui ne semblait que très peu goûter l'arrangement qui venait de se décider malgré lui. Le roi le fixait avec un air entendu, et lui regardait la reine d'un air suppliant, tandis que cette dernière dardait un regard plein de mépris sur sa moitié sadique. Le roi fit quelques pas en arrière, puis poussa innocemment la peluche sur la reine. Il tombèrent à la renverse, dans un concert de "ooooh" surpris.
Personne n'avait remarqué que les chauve-souris vivaient à l'instant même un calvaire, peu habituées qu'elles étaient aux rayons du soleil.
Elles commencaient à fumer sévèrement, si bien qu'un épais brouillard recouvrit bientôt la cour du château.
Que ne s'était-il pas passé là!
Le dragon, alerté par une odeur prononcée de chiroptère grillée, abandonna les champs roussis au napalm et se montra intrigué par ce fumet de nature inconnue. En quelques battements d'ailes il avait rejoint l'attroupement.
Avant que quiconque ait anticipé la suite, le saurien ailé entreprit d'aspirer la fumée pour en tester les effets. S'ensuivit alors une sorte de tempête inversée qui mît le groupe sans dessus-dessous.
Par la fenêtre du logis de dame Agnès s'envola un objet touffu non identifié, dont la nature fût bientôt révélée par la tortionnaire de volatile.
- Aaaaargh! J'ai la tête lisse! J'ai froid sur le cranium!
Ses efforts pour attraper au vol l'objet désormais identifié fût vain, bien entendu, le mur de sa maison lui ayant rappelé qu'elle n'était plus de toute première souplesse. La fourrure alla se ficher sur la tête du dragon, qui arborait du même coup un air presque sage.
Mirkie et l'enlumineur divin lâchèrent lâchement leur divinité, et s'accrochèrent l'un à l'autre, avec pour conséquence de rouler indéfiniment sur le sol.
Les chauve souris, qui changeaient de couleur constamment depuis quelques minutes, battaient frénétiquement des ailes pour éviter l'aspiration fatale, avec pour effet d' opérer un sur-place qui aurait rendu jaloux le plus entraîné des colibri. Elles ahanaient comme les bêtes qu'elles étaient.
La reine et son nouveau compagnon (fortuit) poilu glissèrent sous les pattes du roi, qui par chance avait un boulet excellament bien ancré au sol.
Enfin Aytan, qui recouvrait tout juste ces esprits, n'eut le temps que de prononcer un quasi inaudible "gné?" avant de s'élever (divinement cela va de soi) dans les airs. Sa course prît fin lorsqu'il alla se ficher dans une des narines du dragon, qui stoppa net son "sniffage intégral".
Les chauve-souris s'écrasèrent mollement sur le sol poussiéreux de la cour et le couple Mirkie-Amôn termina son roulé-boulé infernal dans un très digne tas de purin.
Point de temps pour le repos cependant. Le dieu Aytan n'eût pas son pareil pour chatouiller délicatement la fosse nasale de la bête volante, et ce qui devait arriver arriva.

(Scène à passer au ralenti pour le style)
Lentement mais sûrement, caleçon au vent, Aytan atteignît des hauteurs insoupçonnées dont même un dieu ne pouvait que rêver d'atteindre, catapulté qu'il fût dans les cieux.
Le roi reçut une bonne partie de la faune nasale du saurien, étant le seul debout, avec en prime une bonne dose de châleur.
Puis les dernières glaires enflammées cessèrent de tomber, bien que le mal fût fait. Les chauve-souris se débattaient à présent dans le liquide poisseux, tels des cormorans dans une mare de pétrole.

Dame agnès, qui avait placé le dénommé Plum Plum sur sa tête pour sauver la face, sortit de sa maison pour s'enquérir de la situation.
- Tout va pour le mieux?

Vous avez dit chaos dans le royaume?
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greenbat
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MessageSujet: Re: Au Royaume de Bouboul...   Mar 2 Oct 2007 - 15:38

Tandis que résonnaient ses derniers mots, le visage de Dame Agnès se figea dans un rictus horrifié. Le monde n’était plus que miasmes et glaires gargantuesques. Un cauchemar à la limite du supportable. D’ailleurs, heureusement que ses années de marines l’avaient endurcie car d’autres ne tenaient pas le choc. La reine Ephémère avait défaillit se vautrant dans la morve tandis que son poilu compagnon était tombé en catatonie lorsqu ‘il avait réalisé que son système pileux était englué de façon dramatique. Les chauves souris étaient lancées dans un concours de vomi des plus impressionnant. Le roi ne s’en tirait pas trop mal et chassait les résidus nasaux a coups de fouet d’orties (il en avait toujours sur lui au cas où). Mirkie et Amôn quant à eux avaient définitivement perdu l’esprit et s’amusaient à s’éclabousser …avec le purin dans lequel ils trempaient. Napalm quant à lui, pour une fois se tenait relativement tranquille hésitant entre adopter une attitude contrite ou s’esclaffer de bon cœur devant la déconfiture des créatures environnantes.

Devant l’ampleur de la catastrophe le sang de Dame Agnès ne fit qu’un tour, elle fit un demi tour digne d’un caporal chef et s’engouffra dans sa bicoque, pour en ressortir quelques minutes plus tard armée de sont TV30 XHS et ayant revêtu sa combinaison de combat. Pluplum avait eu droit à son propre costume de super héro et était solidement fixé au casque aïe teck de la zoologiste. Le TV30 était un engin à aspiration grande puissance qui envoyait tout ce qu’il engouffrait dans une dimension appelée Réalité. Elle mit en route l’engin et des monceaux de résidus de narines s’élevèrent dans les airs. Les pauvres hères qui se débattaient dans la m… eurent juste le temps de se cramponner à leurs boulets qui avaient considérablement gagné en volume suite aux récents événements. Bat’ Niak qui n’en avait qu’un tout petit (hihihi) se cramponna à celui de Greenbat qui avait atteint des proportions quasi royale. Pour résumé tous se retrouvaient les fesses à l’air la tête a l’envers flottant tels de fiers étendards dans le ciel de Bouboule. Je vous ferai grâce des détails concernant les dessous extravagants des indigènes. Toujours est-il qu’au bout de quelques interminables minutes, le royaume fut propre comme un sou neuf. Excepté le pauvre Koala dont la toison restait désespérément raide de …enfin vous voyez. Dame Agnès fronça les sourcils et lança un terrible cri de guerre (RHAGNARRRRGH) poussa un mystérieux bouton sur le TV30 qui se mit en mode karsher envoyant valdinguer la peluche australienne contre le mur ouest des remparts où il resta crucifié tandis que les souillures degoulinaient de son pelage. Retripotage de bouton du coté de Dame Agnès et aspiration des dernières traces de la catastrophe…

Pendant se temps au QG des Alfes Blancs, des litres de morves se déversèrent sur les membres de l’Assemblée Générale. Ce fait divers, aussi étrange que répugnant, fit la une des journaux ce qui conséquemment fit une pub inespérée aux artistes Alfeux dont le compte en banque se porta soudain comme un charme…
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karmather
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MessageSujet: Re: Au Royaume de Bouboul...   Lun 5 Nov 2007 - 22:47

Le retour à l'ordre se caractérisa le lendemain par un silence absolu dans tout le royaume. La besogne combinée du dragon et de Dame Agnès avait eu le don de crâmer et lessiver tout le monde. Seulement comme chacun sait le silence est une vertu que peu cultivent très longtemps à Bouboul.
La porte du château s'ouvrit avec fracas, et le tumulte secoua tout le château. Qui mieux que le per-Siel-pteur royal pouvait entrer de la sorte!
- Bonnes gens! Je suis revenu vous hanter! Avouez que je vous ai manqué! D'ailleurs en parlant de manquer il paraît que j'ai loupé quelque chose?!
Il criait à la cantonnade, fanfaronnant dans la salle du trône déserte. Des bruits de sabots traînants, qui exprimaient presque par définition une profonde lassitude, se firent bientôt entendre.
Le roi apparût, les cheveux ébouriffés et les bras rougis.(la reine avait encore frappé)
-Quel est donc l'impudent qui ose me réveiller en pleine après-midi?
-C'est môaaaaaa! Votre percepteur adoréééééé, qui viens vous couvrir de bonnes nouvelles.
Curieusement la mine du roi se déconfit à vitesse grand V. Peu à peu les hurlements désarticulés de l'importun attirèrent les boulets les plus illustres du royaume, qui, intrigués, venaient aux nouvelles.
- J'ai une annonce à vous faire qui vous ravira j'en suis sûr. Je dois vous faire part d'une nouvelle loi qui nous vient du nord et que je dois faire appliquer dès aujourd'hui. J'ai donc le plaisir de vous annoncer qu'un taxe vient d'être instaurée. Chacun d'entre vous devra s'en acquitter et elle sera proportionnelle à la grosseur de votre boulet. Prenez ça comme un impôt sur le boulet!
Le vil modé- pardon, percepteur se pourlécha les lèvres et ajouta:
- Je ne sais pas pourquoi mais je sens que je vais me faire des c... en or dans ce pays!!

La nouvelle horrifia chacune des personnes présentes, qui s'efforcèrent de cacher leur protubérance de métal sous les robes et tuniques à portée de main, de patte ou d'aile. C'est ainsi que presque la moitié des gens se pressèrent derrière la Reine, la dernière arrivée dans la pièce. Des bruits métalliques se firent entendre et la robe de la souveraine gonfla de manière grotesque. Ses voisins prirent un air tout à fait désinteressé. Les chauve souris volèrent de concert jusqu'à Dame Agnès, et placèrent leur boulet respectif sous les oreilles de l'ancêtre, qui arborait à présent des boucles d'oreilles d'un genre nouveau. Les chiroptères affichèrent un sourire qui se voulait charmeur mais qui se révelait plutôt carnassier.
Amôn s'était levé du mauvais pied, si bien qu'il rebondissait dans la pièce en faisant fi du boulet de taille respectable qui le maintenait tant bien que mal au sol.
Une intervention divine n'était pas de trop, et Aytan poussa à son tour la porte du château. Il déclara, fier de lui:
-Je viens juste de revenir et j'en suis pas fâché. C'est que ça vous envoie loin un souffle de sauri-ennnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnn
Il n'avait pu éviter le boulet d'Amôn qui le renvoya à ses chères (divines) études...
Un cri s'éleva soudain dans l'assemblée. Mais pas en réponse à l'envolée du dieu. La reine venait de s'apercevoir de quelque chose de fâcheux sur la boule de poil Koalienne qui s'était planté à côté d'elle. En effet celui-ci portait un bien curieux couvre-chef, fait de dentelle rose. En l'ôtant de sa tête, il ne pût s'empecher de rouler des yeux ronds.
- Je vous jure que je n'ai pas fait exprès. ça a du se prendre dans mes poils alors que je dormais...
Le roi souriait intérieurement. Son petit stratagème fonctionnait.
Le mal fût fait. Consécutivement à son cri d'effroi, la robe de la Reine craqua et les boulets chutèrent aux pied de Siel, dont le visage s'éclaira.
Je crois qu'il est temps de démêler tout ça et d'abouler la monnaie mes amis!!
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karmather
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MessageSujet: Re: Au Royaume de Bouboul...   Ven 14 Déc 2007 - 11:25

Le percepteur du Royaume s'était accroupi et s'amusait à frotter frénetiquement un des boulets qui traînaient à ses pieds.
- Cristal, cristal, dis moi donc qui a été le plus stupide, et qui va faire de moi un homme riche! Hé hé héééééé!
Il remonta le long de la chaîne tout en démêlant celle qui s'étaient enchevêtrées. Il aboutit sur le jupon de métal de Dame Agnès. Il sortit un mètre de sa poche.
- Nous y voilà! Voyons voir...nous avons ici un boulet de taille respectable...trente centimètres de diamètre, multiplié par dix, ça nous fait trois cent jattes ( la jatte étant bien entendu l'unité monétaire de Bouboul.) Nous nous reverrons ma Dame..A vous mes chères créatures ailées.
C'est qu'il était loin de marcher dans la duperie des chauve-souris. Leur boucles d'oreilles improvisées à l'attention de l'ancêtre auraient pu faire illusion si celles-ci n'avaient pas été de taille différente en plus d'être bien trop volumineuses.
- Alors reprenons, nous disions donc deux boulets de taille différente, l'un mesurant cinquante centimètres et l'autre soixante-dix (je vous laisse le soin de deviner qui de Bat'niak ou de la chauve souris verte est la plus irrécupérable), chacun multiplié par dix, ça nous donne l'un à 500 jattes et l'autre 700. Je multiplie par deux pour cause de tromperie à mon endroit et j'obtiens deux mille quatre cent jattes à vous deux!! Un crédit à vie ça vous interesse?
Les chiroptères bredouillèrent bien quelques cris désarticulés, mais rien qui ne les enfonçèrent pas davantage.
- Passons au suivant. Ooooooooh que vois- je là! On atteint des sommets. Monsieur le Koala j'espère que vous êtes assurés car si la taille de votre boulet est bien proportionnelle à votre bêtise, je pense que vous êtes en mesure de demander une pension d'invalidité pour le restant de vos jours!! A vue de nez je dirai qu'on atteint le boulet de 80 centimetres. Faites le calcul, vous voilà devenu pauvre!!
L'assistance assistait dès lors à un phénomène inédit, a savoir qu'il pouvaient constater que le consommateur d'eucalyptus était capable de se colorer plus que de raison. Il est vrai que le rouge qu'il arborait aux joues (colère, honte?) lui seyait bien mieux que le gris traditionnel...
Le per-Siel-pteur enumérait les têtes qui lui restait à terroriser. Un certain nombre en fait, mais il désirait passer directement au principal.
- J'arrive au gros morceau de cette joyeuse troupe, en attendant d'aller voir le dragon dans la cour du château. Mon cher roi. Je vois que vous ne faites pas injure à votre rang! Votre boulet n'a jamais été en meilleure forme. D'ailleurs je note qu'il a pris un certain volume depuis ma dernière visite. Vous l'avez sans doute permanenté? Ah ah ah.
Hormis le blagueur, seul pluplum pouffait dans son coin. La pesanteur des regards qui se posèrent bientôt sur lui achevèrent de le convaincre qu'il n'avait pas suivi la bonne voie. Déjà que les derniers evènements avaient considérablement terni son plumage au point de faire de lui un volatile dépourvu de forme, mieux valait qu'il ne pousse pas trop le bouchon!
- Nous pouvons sans doute passer un accord, rétorqua le roi. Je peux vous offrir la compagnie de ma reine en guise de dédommagement partiel. Mieux que celà je vous fait un paquet garni de la peluche. Un beau cadeau à l'approche des fêtes vous ne croyez pas? Vos enfants - si tant est qu'on a bien voulu vous en donner, se dit il en apparté - adoreraient posséder un petit animal de compagnie, non?
- Je n'accepte pas les pots-de-vins, mon cher roi. Du moins je n'accepte pas d'offres si scandaleuses! Votre argent et c'est tout.

Un sifflement coupa bientôt les négociations. Quelque chose qui tombait du plafond du château, semblait-il.
Le percepteur n'eut pas le temps de dire ouf (il émit plutôt un Oummmph) qu'il constitua bientôt le point de ralliement entre le boulet de l'enlumineur divin qu'était Amôn et la terre ferme.
Un ooooooooooooooh collégial de circonstance, suivi d'un aaaaaaaaaaaaaaah de soulagement, inonda bientôt la pièce.
La foule acclama la balle rebondissante (sauf la reine qui depuis tout ce temps tenait tant bien que mal sa robe, dans un triste état.) qui exécuta une révérence grâcieuse en réponse.
Le royaume était momentanément préservé de la pauvreté. Il allait falloir prendre des mesures drastiques, et vite.
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Kolaru
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MessageSujet: Re: Au Royaume de Bouboul...   Mer 19 Déc 2007 - 18:20

Que faire pour pas se faire plumer en beauté par le vil et terre-à-terre Siel ? Insultant même, refuser ainsi la piquante compagnie de la reine… enfin, bref ne nous dispersons pas.

Cette question donc, était dans tous les esprits qui tournaient, une fois n’est pas coutume, à plein régime. Fallait-il qu’ils se débarrassent de leur boulet ? Mais c’était impossible, évidement. Ou alors vendrait-il la reine… l’idée était [la censure me fit alors comprendre qu’il valait mieux ne pas continuer sur ma prime idée pour ne pas recevoir les foudres de la reine, je proteste d’ailleurs pour ma liberté d’expression brigué, c’est [la censure revint ici, donc bref…] parfaitement compréhensible, toutefois.] un véritable blasphème ! Vendre la valeur de la reine ! Le royaume avait tant besoin d’elle !

Mais alors que faire, nom d’un boulet plaqué or !

Les sujets du Royaume cogitaient sur ce membre… euh non, les membres du Royaume cogitaient sur ce sujet dans un brouhaha indesrict… indecrist… dans un désordre imprononçable, lorsque Luka, le Barde du mille fois béni Royaume de Bouboul entra dans la salle du trône en annonçant les nouvelle du dehors, faisant taire les inutiles conversations :

« Oyez, oyez braves boulets ! On nous annonce la venue en ces terres de nombreux nouveaux habitants pour ce Royaume ! Nous ne connaissons pas encore la taille de leur boulet, mais ils semblent prometteurs d’après l’avis de nos experts ! La page sport, Greenbat mène toujours le championnat des paroles de…

Mais on ne l’écoutait plus, l’annonce des nouveau offrait de nouvelles possibilités : impôts, esclavage et tant d’autres ! Toutes les solutions étaient bonnes aux yeux de sa Majesté des Boules qui devait éponger ses dettes actuelles, résultat de l’infâme percepteur !

Mais pensez à ce pauvre barde que plus personne n’écoutait. Il fondit en larme à l’indifférence presque général, en effet Siel, qui avait finit par se reprendre, s’approcha de lui et lui dit :

« Je sais pourquoi tu es triste, ils n’ont pas payé la redevance ! »
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MessageSujet: Re: Au Royaume de Bouboul...   Jeu 20 Déc 2007 - 22:55

Le roi s'était retiré dans une petite pièce qu'il aimait appeler son défouloir, en compagnie de la reine. Il faisait les cent pas, donnant le tournis à sa moitié. En clair, il ruait des quatre fers.
- Nom d'une pipe en bois! Il faut trouver une solution! Non seulement nous tombons sous le joug potentiel de la disette, mais en plus on nous affuble de nouveaux arrivants dont on se serait bien passé! Mais dans quel royaume vivons nous!!
- Dans le notre en l'occurence, répondit la reine d'un air dédaigneux. Au fait pour votre gouverne, les "nouveaux" en question arrivent demain!
- Chaque chose en son temps, ma mie, chaque chose en son temps. D'abord s'occuper du Siel.
- Parce que vous vous croyez puissant au point de changer le temps qu'il fait? Je crois que le pouvoir vous monte à la tête, mon cher.
Le roi afficha la mine la plus déconfite qui soit devant cet élan de clairvoyance.
- Le percepteur voyons, vous en faites exprès ou bien? Bref réflechissons...
Deux minutes passèrent avant qu'un tonitruant "eurekâ" se fasse entendre de l'extérieur.

Chacun vaqua à ses occupations, y compris le percepteur, qui était allé à la rencontre quelque peu risquée du dragon, en pleine séance d'inhalation (il ne s'était pas remis de ses mésaventures nasales, et en avait conservé un profond rhume de même qu'une belle déprime, si bien que la visite du collecteur de fonds fût étonnament brève). Ce dernier, fort d'une journée rondement menée, alla quérir un peu de repos dans sa chaumière, aux abords de la ville. Sa petite maison était en pleine phase de reconstruction. Les villageois alentours se demandaient même comment il faisait pour financer de tels travaux alors que les sujets du roi n'étaient pas réputé pour nager dans la richesse (rapport à la pingrerie du souverain sans doute). La réponse n'était cependant pas longue à trouver, au vu des interventions de plus en plus fréquentes de ce cher per-Siel-pteur. Un peu de détournements de fonds ne fait jamais de mal, n'est ce pas?
La nuit était donc tombée depuis quelques heures, lorsque le calme ambiant fut à peine troublé par trois silhouettes. Les trois individus se détachaient sur fond de clair de lune, mais prenaient de réelles précautions pour ne pas être vus. Chose on ne peut plus difficile lorsqu'on possède un corps d'équidé, ou une paire d'ailes, ou encore une choucroute blanche sur la tête.
Quoiqu'il en soit nos amis se faufilèrent précautionneusement par l'arrière de la maisonnette, dont une des portes n'était par bonheur pas fermée. Ils surprirent notre collecteur d'impôts en pleine crise de ronflements, au beau milieu d'une mare de pièces d'or. La plus grande silhouette ne pût réprimer un râle.
- Le sacripan de crénom de ...
La chauve souris verte (cela dit la nuit toutes les chauve souris sont grises) lui plaqua instantanément une aile sur la bouche.
Tous trois se jettèrent sans autre forme de procès sur le pauvre bougre, qui n'eut pas le temps de clore le joli rêve empli de cocktails, d'argent et de soleil qu'il venait de quitter.
L'ancêtre hissa non sans l'avoir assomé le percepteur sur le dos du roi et la chauve souris ajouta deux paires de claques (des ailes ça cingle) sur le mufle du vil monsieur. Tous trois retounèrent dans les tréfonds du château sans s'être fait remarquer. Du moins le croyaient-il...

Le roi se leva de fort belle humeur le lendemain. Seul, car la reine avait semble t'il profité de sa matinée pour bouger en ville. Il retrouva les chauve souris dans la salle à manger, et les trouva en pleine dégustation d'un met particulièrement douteux. La mine de la chiroptère verte laissait supposer qu'elle avait certainement dû se faire tancer par sa congénère. Bat'niak étant la cuisinière du château, tout le monde savait que quand elle cuisinait, il ne fallait pas traîner pour rejoindre la table au prix de coup d'ailes virulents (une grande mode semble t'il) Aussi le roi en prit-il aussi pour son grade, et eu tôt fait d'avoir les joues en feu.
- Qu'avez vous fait de siel? Demanda Greenbat.
- Héhé votre roi est un génie, je l'ai remisé au placard avec un compagnon de choix qui se plaignait de ne pas être assez entendu.
- Oh non vous n'avez pas fait ça, quand même..
Ils pouffèrent de concert devant une Bat'niak ahurie.
- Il vous plait pas mon déjeuner?

Une mélopée filtrait d'une salle dans les caves du château. Ce chant de prime abord mélodieux revêtait d'affreuses consonnances une fois qu'on avait pénétré dans la dite pièce.
Le barde chantait fièrement son dernier tube devant son public du jour, il est vrai fiévreux (mais pas au sens ou on l'entend, naturellement). Siel, attaché à une chaise, serrait les dents.
- Qu'on arrête cette sorcellerie!
- Vous m'insultez? ça va "barder" c'est moi qui vous le dit! Allez je vais chanter mes plus belles reprises de barbra stressante, très connue dans le royaume voisin. Cela pour votre peine. Appréciez le voyage!
Les notes entrecoupées de "nooooon" de désespoir résonnèrent dans les couloirs.
Deux paires d'yeux complices complotaient dans le noir au détour de l'un d'eux.
- Ma peluche dévouée, mon mari a voulu se débarraser de moi, et comme tu le vois il ne recule devant rien pour aspirer à la tranquillité. Nous allons lui donner de quoi s'arracher les quelques cheveux qui lui restent.

Connaissant le vécu de la reine en matière de sevices, le roi pouvait trembler...
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Arrivée du second chapitre!! Le premier texte intéractif des Alfes n'attend plus que vous!

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karmather
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SagittaireChien
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MessageSujet: Re: Au Royaume de Bouboul...   Mer 5 Mar 2008 - 22:30

Epilogue

Dame Agnès grognait. Elle venait de s'appuyer deux bons kilomètres dans les couloirs du château à la recherche de son couvre chef emplumé et n'en pouvait plus. Elle l'avait perdu dans le dédale près de trois heures avant à la suite d'un courant d'air un peu trop mordant et pestait de n'avoir pas encore réussi à lui mettre la main dessus. Alors qu'elle allait abandonner une lointaine symphonie parvint à ses oreilles. La mélodie avait gagné toute son attention et elle commenca à se diriger à tâtons vers la source.
Plus elle s'approchait plus la musique se révélait bien moins harmonieuse que ce à quoi elle se serait attendue, si bien que lorsqu'elle parvint devant la lourde porte par laquelle filtrait le chant, tous les poils qui couvraient l'ancêtre se dressèrent instantanément. Des râles dissonnants se superposèrent à la musique, dont un très proche.
- Oooaaarrrrggh.
Dame Agnès se concentra, puis baissa les yeux. Ses yeux s'écarquillèrent.
-Ooooooh mon dieu ma petite plume d'amour que t'es t'il arrivé?
Un urgh de circonstance lui répondit, bientôt suivi d'une tentative de dialogue un peu plus fournie.
- RRReuuuh je me suis retrouvé sur le sol après avoir chu de votre tête, et de courant d'airs en courant d'airs je me suis retrouvé devant cette porte. Je n'ai pas encore retrouvé l'usage de mes ailes et cette musique atroce m'a glacé les sangs. Je ne pouvais plus bouger...vous ne trouvez pas que ce cri est un cri d'horreur?
Ils écoutèrent:
-Aaaaaaalll by Myyyyseeeelllf, don't wanna be, aaaaaalll byyy myyyyself, anymooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooore!
Le volatile et la Dame se regardèrent.
-Ah non on croirait plutôt que quelqu'un s'étouffe, répondit l'ancêtre, qui se décida à ouvrir la porte. Rien ne les préparait à ce qu'ils allaient voir.
Sur une petite estrade se pavanait un damoiseau tout en collant et velours, une mandoline dans les mains. Le son sortait visiblement de sa bouche, ce qui ne laissait pas d'étonner les nouveaux spectateurs. Sur le sol, à côté d'une chaise à présent renversée, se traînait tant bien que mal un être décharné, les yeux inexpressifs et le teint terreux.
-Raaaah aidez moi! Veux retournez à ma maisonnnnn! Sortez moi de lààà.
Le barde l'interrompit:
-Vous n'êtes vraiment pas sensible à la douceur de la note mon cher Siel. Vous me peinez.
Dame Agnès aida le percepteur à se relever et l'épousseta.
-Est-ce une manière de se tenir, à votre âge on a fini de se traîner par terre?
-On..on voit bien que ce n'est pas vous qui aviez le derrière vissé sur cette chaise depuis une semaine!
La dame sembla hésiter, puis lui dit:
- J'y suis sans doute un peu pour quelque chose, mais je ne pensais pas que le roi aurait poussé si loin la torture..
-Comment ça torture? Vous voulez vraiment m'enerver bonnes gens!
Le barde contenait difficilement sa rage. Il serrait si fort les cordes de son instrument que l'une d'elle eut tôt fait de réduire la distance le séparant de son visage. Un aïe tonitruant résonna dans tout le sous sol du château.
-Vous sentez?
Siel humait l'atmosphère d'un air concentré.
-Oui moi je l'ai sentie, cette p... de corde, répondit le barde la voix pincée.
-Non vous avez raison je sens également cette odeur bizarre. Tu sens pulplum?...Mon zoziau?
L'oiseau en question somnolait déjà dans les bras de morphée, bientôt rejoint par ses trois compères. Un effluve nauséabond se répandait dans tout le château, et happa chacun des résidents l'un après l'autre.
Les chauve-souris, en pleine occupation (Bat'niak appliquait un bandage sur une des fesses de la souris verte, résultat d'une aventure annexe qu'il serait peut être superflu de résumer ici-soit dit en passant pas évident de placer un bandage en vol), s'affalèrent sur le sol de la salle à manger, fesses les premières (aïe). Le roi, qui lustrait ses sabots avec un pot de vaseline trouvé dans l'armoire de la reine, tomba la tête la première dans le pot en question. Amôn la balle rebondissante, et bien elle ne cessa pas de rebondir même inconsciente vu que son aspect élastique ne se relâchait jamais. Si bien que lorsqu' Aytan franchit le seuil de la salle du trône pour annoncer son retour, il fût acceuilli d'un Amôn dans ses divines parties, et n'eut à ce titre même pas besoin de subir les effets du gaz pour sombrer dans l'inconscience. Le royaume lui même fût victime de la léthargie ambiante.
Quelques heures plus tard, le roi s'éveilla, la mine encore plus barbouillée qu'un lendemain de fête.
-Olala je me sens vraiment pas bien du tout...et voilà que je parle tout seul, là ça devient grave. Il se releva tant bien que mal et se dressa sur ses quatres fers.
-Il manque quelque chose, ajouta t'il après quelques secondes. Il réflechit une bonne minute, puis explosa:
-Mon boulet! Où est mon boulet! Nooooooooooon!
Le roi courait à présent frénétiquement dans tout le château, choqué et perdu. Une porte claqua soudain devant lui et il tomba nez à nez avec Dame agnès, Siel Pluplum et le barde.
-Ciel! j'ai perdu mon boulet!
-Quoi moi je n'y suis pour rien, d'ailleurs j'ai perdu le mien aussi. j'irai même jusqu'à dire qu'on me l'a volé!
-Mais non bougre d'idiot je ne prononçais pas votre nom! Vous êtes...hein, vous avez dit que vous ne l'aviez pas non plus? Je veux dire le votre?
-Non. D'ailleurs l'ancêtre,le plumeau et la cantatrice ont perdu le leur également.
-Dites donc malotru modérez votre langage! Vous pouvez peut être nous soutirer notre argent, mais pas notre dignité! fit remarquer la Dame.
Le roi coupa court à tout débat.
Qu'on fasse convoquer toute la cour immédiatement! L'heure est grave!

Tout le royaume se serrait dans la grande salle. Enfin presque tout le royaume car la reine et la peluche restaient introuvables. Quand à Napalm, sa taille imposante et ses éternuements intempestifs constituaient des raisons suffisantes pour qu'il demeure à l'extérieur.
Le roi prit la parole:
-Mes amis, comme je le disais l'heure est grave. Comme vous le constatez tous, une partie de vous même manque à l'appel, et les murs de ce château ne résonnent plus de ces sons si doux que vous avez appris à aimer. Nos boulets nous ont été ravis et nous ne pouvons rester orphelins!
-Bien dit mon roi, s'exclama le percepteur.
-Depuis quand suis-je votre roi? D'habitude vous me traitez avec dédain et depuis que vos économies ont fichu le camp voilà que je parle bien pour vous! Vous feriez mieux de ne plus m'interrompre.
Le percepteur s'empourpra, mais laissa le roi reprendre.
Comme vous le voyez il manque ici des personnes dont nous savons qu'elles peuvent avoir un rôle dans cette histoire. Je propose que nous leur fassions la chasse dès maintenant. Autrement nous ne saurons jamais qui aura le plus gros boulet du royaume!

La porte du château s'ouvrit avec fracas, laissant paraître la reine, parée de ses plus beaux atours, suivie du Koala, qui rayaonnait lui aussi.
-Ne vous donnez pas cette peine mon cher, venez plutôt voir ce que des années de persécutions sur ma personne auront entraîné.
Tous sortirent dans la cour, au centre duquel brasillait un gigantesque feu.
Nul autre que le dragon attisait la fournaise dans un bassin bouillonnant.
Le roi horrifié ne dit mot à ce spectacle, et la reine devant l'assistance médusée prit un objet dans les mains et s'apprêta à le jeter dans la matière en fusion.
-Pendant je ne sais combien d'années vous m'avez rabaissée et vous n'aviez d'yeux que pour cet immonde boulet. Avec mon ami Kolaru qui lui me portait un peu d'interêt j'ai donc décidé de régler toutes les dissenssions liées aux taxes et à votre orgueil en confisquant et détruisant tous vos boulets. Celui-ci est le dernier, et le plus gros. Et vous savez quoi? Ce n'est pas le votre.
Les larmes aux yeux(décidement elle nous aura tout fait cette chauve souris), comme tous les sujets, la Greenbat osa demander:
- Qui est le plus gros boulet du royaume?
La reine, fière d'elle, désigna du doigt l'"heureux" vainqueur.
- Le voici.
Elle désigna quelqu'un dont personne n'avait entendu parler dans le royaume, mais dont la discrétion n'avait d'égale que la grosseur de son appendice de métal, que la reine précipitait dans le bassin.
- Je vous présente Joker. Mon cher, qu'est ce que celà fait d'être l'heureux vainqueur?
Le roi était entre temps parti chercher une caisse dans les cuisines et revint prestement pendant le discours dudit Joker. Ivre de rage, il saisit quelques fruits et, aidé par la populace en colère, les balança sur le koala, la reine et le lauréat.
C'est ainsi que le Joker se retrouva bien vite couvert de jus d'orange...

Le royaume retrouva peu à peu le calme et dût dès lors trouver d'autres sujets de discorde. Mais l'infortune décida de jouer un dernier tour de cochon au perSielpteur, qui avait déjà perdu sa source de revenus. C'est ainsi qu'il retrouva sa chère (et bientôt achevée) maison orpheline du moindre sou. Son or avait trouvé une poche moins trouée à remplir.

En l'occurence celle d'une jeune effrontée de passage, voleuse de surcroît, qui criait son nom à tue tête tout en s'éloignant sur sa monture.
<< Vive Kahlan, vive moi! Je suis vraiment la meilleure, yeeeehaaaaa>>

FIN
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