mirkie chaiftènne de l'enti-haurtografe

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| Sujet: Et si l'univers tenait dans une bouteille ? Sam 7 Juil 2007 - 18:21 | |
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Et si l'univers tenait dans une bouteille ?
Si l'univers tenait dans une bouteille, alors il faudrait Gargantua pour la vider. Si l'univers tenait dans une bouteille, les vaisseaux spatiaux deviendraient des bateaux. Si l'univers tenait dans une bouteille, peut-être y aurait-il un vague écho lointain. Si l'univers tenait dans une bouteille, sur quelle table serait-elle posée ?
Dans les navettes rescapées, le silence régnait. Moteurs arrêtés, les cinq sabliers de tôle s'était stabilisés en orbite autour d'une petite astéroïde poussiéreuse. Alentour, les débris des milliers et milliers de vaisseaux précurseurs tournoyaient lentement...
Dans la salle de commande, Guerric tentait de déchiffrer les signaux contradictoires que renvoyaient les ordinateurs. La panne avait vraisemblablement eut lieu dans le circuit de refroidissement, contraignant le moteur gauche à s'arrêter. Le programme de réveil des ingénieurs s'était alors activé, et l'avant du vaisseau avait été réalimenté en électricité.
L'avant du vaisseau... La moitié supérieure de l'engin plutôt, constituée des postes de contrôle, de commande, et de quelques quartiers viables. Guerric était arrivé bon dernier dans la salle de contrôle. La belle Sagra avait déjà les yeux perdus dans les écrans, Jalel ouvrait les portes sécurisées qui menaient aux machines. Le grand Miec pianotait une partition rassurante qui leur redonnerait l'autonomie face aux machines, et Zelie la rousse baillait en tapotant le clavier d'ouverture des hublots. La fatigue était la chose la plus énervante lors d'un réveil d'urgence. Non seulement pénible par ses effets, mais aussi déboussolante ; les passagers étaient maintenus dans un état de mort corporelle dont l'apparence et les sensations étaient les mêmes que celles du sommeil... Guerric, penché sur le rapport d'accident édité par les machines, n'avait cessé de se frotter les yeux qu'au cri de surprise de Miec. Là, derrière le hublot de Plexiglas épais dont le volet se relevait lentement, un visage fixait le colosse...
Miec était russe. De son vrai nom Miecryslaw Dimitriov, il avait été sélectionné pour sa force de titan autant que pour ses connaissances techniques. Orphelin à l'âge de 5 ans, sa force et ses capacités d'études lui avait permis d'être remarqué, dans un pays noyé de misère. Beaucoup de mafia se vantaient d'avoir eu recours à ses services, mais seule Marvena, l'organisation qui l'avait recueilli, en avait des preuves. Pour ce genre de services, Miec avait fait plusieurs années de prison ; mais les besoins mondiaux en scientifiques étaient trop importants pour laisser un homme si capable au repos dans une cellule.
Miec avait articulé quelques mots dans sa langue natale, quelques mots stupides, sans sens. Et puis il avait regardé autour de lui, et répété la même chose en anglais. " Qui est-ce ? " Les autres scientifiques l'avaient regardé des questions pleins les yeux. Le store métallique se relevait doucement... Le visage était passé. Plus loin, on voyait de petits points lumineux. Non, pas si loin en fait... Guerric s'était approché en fronçant les sourcils, et son hoquet avait autant surpris les autres qu'il avait rassuré Miec sur son état cérébral.
L'espace, autour du vaisseau, était empli de débris vagabonds, de corps et de membres épars.
La Polycarpe était un engin de transport et de fret. Elle faisait partie du dernier contingent, des tous derniers vaisseaux à avoir quitté la terre morte. Devant elle, après les vaisseaux d'exploration, des immenses modules convoyaient la population terrestre vers un lieu inconnu, où la vie serait possible.... Des immenses modules dont tous les passagers étaient plongés dans un profond coma artificiel.
Les cinq ingénieurs avaient mis en branle le lent et difficile processus utilisé pour communiquer avec les autres vaisseaux. Mais quand au bout de quelques heures seules cinq réponses leur parvinrent, une évidence s'imposa : les autres vaisseaux étaient là, sous leurs yeux, mais en pièces détachées...
Qu'avait-il bien pu se passer ? Dans la Chantallie, dans le Marco-Polo, le Bonaventure et dans le Jac, les quelques personnes mal éveillées ne comprenaient pas encore pourquoi la Polycarpe avait sonné l'alarme... Les langues se croisaient, les cerveaux embrouillés de sommeil picoraient difficilement les mots étrangers transmis par la radio. Zelie, après avoir décliné son identité, s'était tue, et personne n'osait prononcer des mots, qui savait ? Peut-être trop hâtifs. Le silence régnait.
Et puis, il y eut les grésillements. Une sixième navette, plus loin, qui se connectait au réseaux. Les autres n'eurent pas de réaction, c'était la procédure, l'Albérie avait simplement été longue à se réveiller. L'Albérie, c'était un des modules de transport de la population... Le vaisseau connecté le plus éloigné de la terre à cet instant. Il y eut un "TOC" dans les haut-parleurs. Un "TOC", et puis un cri, en français. "Bon sang!" D'autres cris, plus indistincts, et puis un grincement... Une voix s'était emparée du micro et décrivait ce qu'il se passait à bord du vaisseau de tête. " Men heeft iets getroffen! Het vat verplettert zich tegen ik weet niet dat! Men heeft iets getroffen! Men verplettert zich als een appel van aarde in een Pers-pur/..." Puis ce fut le silence. Zelie était corse, parlait italien, allemand et anglais. Guerric, d'origine française, était américain, et parlait en plus le japonais à la perfection. Sagra l'argentine parlait italien, espagnol, arabe, brésilien et français. Jalel était certes un ingénieur hors pair, mais ne parlait que l'arabe et l'anglais. Dans la Chantallie, le Bonaventure, le Jac et le Marco-polo, on pouvait en tout entendre parler plus de quinze langues différentes. Mais aucun des membres d'équipages de ces vaisseaux ne parlait le Néerlandais.
Il y eut un rapide conciliabule, mais les gens étaient trop choqués par cette interruption soudaine pour s'étendre longtemps dessus, et pas un mot n'était échangé pendant les longues minutes nécessaires à la transmission des messages.
Les vaisseaux se "posèrent" donc en orbite au-dessus d'un amas de caillasse qui s'appellerait, on en avait décidé ainsi, Meril.
Pas un signal, pas un indice n'indiquait plus la position de l'Albérie. Lorsqu'elle avait été connectée au réseau radio, ceux qui avaient jeté un coup d'œil au scanner avaient mentalement relevé sa position "en avant" . Mais personne n'avait localisé plus précisément le péril... Les écrans étaient constellés de petits points verts, signalant des débris de masse suffisamment importante pour provoquer quelques dommages en cas de collision. Selon Guerric, leur nombre était multiplié par cent si on considérait les débris de plus d'une dizaine de tonnes. Quand à faire une estimation du nombre total de débris... Derrière les hublots, les corps grimaçaient leur sommeil désormais éternel aux ingénieurs. La décision prise devrait être la bonne, l'humanité réduite à cinq mille personnes dormait dans les quartiers "morts" des vaisseaux rassemblés là...
Sur l'écran, seulement des petits points, aucun signal d'astéroïde où de corps céleste dans la vague zone où l'Albérie avait disparue.
***
Il y avait une navette dans la navette. Un module d'exploration, où deux personnes seulement pouvaient prendre place, léger et rapide. Sagra et Jalel à son bord, la navette s'élança.
Sagra n'avait que trente ans. Une surdouée du cosmos, une valeur sûre de la physique, une informaticienne reconnue. Dix ans avant, lorsque la terre avait cessé de fonctionner, elle n'était qu'une jeune diplômée de physique sans grande ambition, dans un pays où ses perspectives d'avenir tenaient en un seul mot : départ. Pour éviter les grandes multinationales dont l'argent étaient la conscience, elle avait choisit d'écouter la toute petite voix qui commençait à se faire entendre dans les milieux scientifiques, la voie spatiale. La voix qui prônait l'abandon du système de régularisation climatique, du système de fabrication continue d'oxygène, du système X et du système Y qui d'ailleurs étaient tous en panne, pour revenir à un projet abandonné depuis longtemps: la colonisation d'une nouvelle planète, et la régénération naturelle de la planète-mère. Dans ce groupuscule encore flou, elle avait mille fois fait ses preuves, et avait été honorée lorsque, le projet validé par l'ONU, elle avait été nommée responsable d'un vaisseau du dernier contingent. Jalel n'avait jamais été séduit par ce projet. Il était même de ceux qui s'y étaient le plus longtemps opposé, proposant en lieu et place de cette folie intergalactique un projet de vie en accord avec la planète. Mais, ingénieur astronome dans un observatoire renommé, il avait dû céder devant la "réquisition des cerveaux". Il avait donc quitté ses étoiles pour observer les archives photos de milliards de planètes, prises par des centaines de robots explorateurs, durant des milliers d'années. Et parmi ces milliards de planètes, seules les quelques-unes qui avaient déjà été explorées sans dévoiler de ressources correspondaient aux critères de vie recherchés... Jalel faisait partie de ceux, qui, une fois ce résultat obtenu, avaient argué pour un départ groupé de toute la population, vers une destination inconnue mais plus viable que cette terre qui se dégradait de jours en jours.
La navette mit deux mois à couvrir la distance que le vaisseau aurait couvert en quelques jours. A bord, les deux comparses multipliaient les calculs, les hypothèses et les antithèses. Les chiffres en provenance des vaisseaux affluaient chaque jour, chaque période comme Sagra préférait dire. Des chiffres parfois contradictoires, comment une si grosse étoile, si près, pouvait exercer une attraction si faible ? Et d'où pouvait venir cette attraction minime qui tirait la navette en avant, doucement mais chaque jour un peu plus fort ? Jalel souriait en disant que regarder les chiffres de l'attraction à la loupe était rassurant, ils paraissaient plus gros...plus normaux...
Un jour, dans la radio de la Polycarpe, il y eut un "TOC". Tous les membres présents sursautèrent, et les bruits de chaises en provenance des autres vaisseaux confirmèrent l'origine du bruit. Il y eut un ronflement de moteur, fort, et la voix de Jalel qui disait tout va bien, on a touché "quelque chose" mais sans gros dégâts. La navette, agile, avait fait marche arrière à temps.
Sagra sortit. En scaphandre, elle tâta l'obstacle, elle tenta de le contourner, ne put pas. Elle y déposa des acides, des liquides basiques, elle frappa l'obstacle, elle en brisa un infime morceau.
La radio ne transmit aucun résultat. Seulement un grand éclat de rire, où peut-être se mêlaient quelques larmes. Elle revint à la navette.
La discussion était virulente. On entendait un homme dire en français que si les liquides acides attaquaient la matière, cela signifiait que... une femme niait l'affirmation, par contre... En anglais, deux hommes se disputaient : Si la matière était palpable... Zelie exposait tranquillement son point de vue en corse traditionnel, Si... Puis Jalel annonça que Sagra était rentrée, et après encore quelques "si", les voix se turent... Sagra parla en français. "Avec des Si, dit-elle, on mettrait l'univers en bouteille..." Dans sa main, un éclat de verre scintillait.
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La différence entre les rêveurs, les fous et les psy ? Les rêveurs batissent des châteaux dans le ciel, les fous les habitent, et les psys encaissent les loyers. |
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