Les Songes du Crépuscule

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La tour

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SmokeleDragon
reptile à mi-temps ...


CapricorneSerpent
Age : 18
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MessageSujet: La tour   Dim 6 Mai 2007 - 16:45

L’arrivée de l’expédition sur la planète fut, dit-on,
l’amorce d’une nouvelle ère de recherche dans l’histoire de l’exploration
spatiale. Le vaisseau amarré pour l’occasion avait flotté pendant l’équivalent
de trois ans au travers de la galaxie avant de se poser sur l’objectif qui lui
avait été alloué. Le voyage n’avait pas été trop dur, à vrai dire il n’y eut
pas de difficultés réelles, aussi l’appareil arriva dans un état tout à fait
convenable pour pouvoir songer à un départ sans réparations préalables.







L’équipage avait été tenu en sommeil dans de curieuses
boites de verre, quelques gaz soporifiques y circulant constamment afin de les
garder inconscients, le corps perfusé afin de supporter les contraintes
biologiques de leurs organismes anormaux, mêlant chairs et machines avec une
harmonie parfaite.







Les premiers pas que firent les explorateurs ne révélèrent
pas grand-chose de passionnant. Ils ne virent là qu’une terre uniformément
plate et grise, au climat glaciaire. Si par moment on pouvait deviner qu’à un
endroit il y avait eu des tuyaux qui striaient le sol, et probablement quelque
bâtisses, on ne pouvait n’émettre que des hypothèses à ce sujet. Aussi le
premier constat fut des plus ternes ; il ne semblait rien y avoir.







Néanmoins les individus venus d’ailleurs respectaient là le
protocole qu’on leur avait imposé ; il ne fallait pas plonger dans la hâte
mais d’abord vérifier si rien en ces lieux ne représentaient un potentiel
danger. A cet égard, l’avis était unanime ; ni les détecteurs, ni les
radars, ni même les animaux dressés à cet effet n’avaient flairé l’once d’un
risque. Il semblait presque que la planète était morte.







En effet, d’un point de vue de l’activité sismique il n’y
avait rien. La chaleur s’était enfuie, et l’eau ne coulait pas. La vie ne
germait nul part, et cela ne laissait guère le choix aux suppositions. Soit la
planète n’avait pas commencé à vivre, il faut si longtemps pour commencer à
pousser des balbutiements d’existence, ou alors elle était morte. Compte tenu
de la présence probable de ruines, c’est cette idée qui fut retenue, et c’est
uniquement pour cette raison qu’ils l’explorèrent.







Ne tombons pas dans les préjugés qui nous dominent car il
est notable, à l’heure actuelle, que ces êtres ne cherchaient par à coloniser.
D’après le peu de choses que nous savons maintenant, la seule quête qu’ils
semblèrent avoir fut la recherche de leur histoire. D’ici on peut promptement
déduire qu’il s’agit de l’un de ces peuples envoyés coloniser quelques terres
spatiales et dont le berceau de leur existence avait cessé d’être.







Quoiqu’il en soit, tous sortirent de leur capsule stellaire,
se formant en un petit groupe mené par un individu de taille plus imposante que
les autres d’environ deux ou trois têtes selon les critères du peuple. Il ne semblait
pas y avoir de dialogues entre eux, pourtant il serait absurde de dire qu’ils
se passaient de communiquer. La théorie la plus plausible est que, à l’instar
de certains insectes, chacun disposait d’une conscience commune qui leur
permettait de recevoir informations de leurs voisins ou de leur planète, tout
en laissant filtrer leurs émotions.







Cette gêne apparente ne se révéla pas être un handicap, au
contraire ils avancèrent rapidement, sans rien découvrir de fabuleux, mais ce
fut tout de même une exploration concluante. Leurs premiers pas les menèrent
dans cette immense plaine lunaire qu’ils avaient vue en arrivant, ils ne
notèrent rien de captivant et continuèrent leur progression.







Ils débouchèrent alors sur un paysage un peu plus vallonné,
mais toujours aussi lugubre. Cependant leurs théories portant sur l’existence
probable d’une vie antérieure furent confirmées ici. De nombreuses ruines
jonchaient le sol et, autant qu’ils purent en juger, elles semblaient très
ancienne. Leur base était circulaire, et les bâtiments ne montaient pas à plus
d’une centaine de mètre de haut. Le teint était gris, mais un peu plus bleuté.
L’effet devait certainement être du au gel. L’intérieur de ces tours montrait
qu’elles étaient constituées d’étages, environ une soixantaine, et qu’elles
contenaient tout le nécessaire pour vivre. Cependant ils n’expliquèrent pas les
trous béants dans les toitures des ruines les moins effondrées, et encore moins
les traces noirâtres qui se répandaient linéairement sur les cloisons.







Après avoir enregistré quelques images qu’ils firent
circuler jusqu’à leur planète, ils reprirent la route, un peu plus confiants
dans leur démarche. En effet, la plupart suivaient le protocole seulement parce
que c’était là ce qu’on leur avait appris à faire, rares étaient ceux qui
semblaient convaincus qu’ils trouveraient ici les vestiges de leur passé.







Ils marchèrent alors
pendant une éternité, peu à peu les ruines grandissaient. Une ville semblait
avoir été dressée ici et, bien qu’elle soit à l’abandon, on aurait pu percevoir
ça et là des signes d’une vie prête à ressurgir dans ce monde abandonné. Bien
sur lui aurait fallu que les nouveaux habitants ne soient humainement pas sains
d’esprits, et sûrement qu’aucun d’eux n’aurait eu une morphologie identique à
celle de son voisin, tous étant déformé de manière à vivre le plus en harmonie
avec cet environnement macabre.







Au sortir d’une imposante rue, ils sentirent pour la
première fois un souffle d’air qui, contre toutes les théories sur la mort de
ce monde, était d’une chaleur infernale. Aussitôt leurs capteurs de chaleurs
partirent en vrille et divaguèrent quelques temps, pour finir par trouver la
source de l’incident.







Ils s’orientèrent vers une tour plus petite que les autres.
Son apparence cossue se dégageait de l’architecture du reste de la cité. Son
toit était érigé en pointe, et le toit était rouge. Les murs semblaient
organiques et se mouvaient dans un rythme et dans des mouvements évoquant ceux
d’un remous viscéral. Le lieu ne semblait pas ressentir le froid glaciaire, et
c’était la seule chose à vivre ici. Il n’y avait qu’une entrée, qui ressemblait
à une porte de verre consolidée par d’imposantes poutrelles d’acier.







Leur approche fut disciplinée, le chef les menant en premier
lieu vers le mur, qu’il toucha de sa main. Il la retira de suite et envoya une
sensation de dégoût au reste de sa communauté. Le mur n’était pas de chair,
mais il semblait qu’une sorte de vie parasite grouillait en lui. Après avoir
concerté le reste de son groupe, il décida de rentrer dans le bâtiment.







Il ne fit pas état de ce qu’il vit, il parvint même à
bloquer ses pensées pour éviter que son peuple ne perçoive ces images. La seule
chose que le monde sut, fut qu’il sortit couvert d’un liquide poisseux et
rouge, au curieux goût cuivré après être resté quelques temps au sein du
bâtiment. On n’avait entendu ni cri, ni autre bruit. Il portait dans ce bras
d’étranges plaques qui semblaient gravées par des signes incompréhensibles,
mais auquel il attachait une valeur indéniable. Il mena son groupe jusqu’au
vaisseau et les ramena chez eux.







On prétend que tout le long du voyage il divagua et que sa
conscience envoyait de cruelles images de bipèdes à la peau rose, jaune ou
noire se livrant à de brutaux combats dans des arènes aux teintes macabres. Il
montrait que les chefs d’orchestre de ces rixes étaient des individus
semblables à de grands insectes mécaniques et qu’ils laissaient là s’entretuer
les choses aux teints variés car cela servait leur dessein. Il parla aussi de
failles dans le sol, de légion de monstres, et de leurs liens avec eux. Sans
nul doute il aurait continué à divaguer pendant longtemps et aurait transi sa
folie à ses semblables s’il n’avait pas été déconnecté de la conscience commune
à ce moment précis. Il mourut des suites de cette déconnexion, seul dans
l’univers qu’il avait aperçu.







Ce n’est que lorsque l’expédition rentra et que les plaques
furent traduites que l’on comprit tout de ses changements soudains.
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MessageSujet: Re: La tour   Dim 6 Mai 2007 - 16:49

Et pour les jets de caillasses :



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