| | Quelques portraits de Babylone... | |
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SmokeleDragon reptile à mi-temps ...

  Age : 18 Inscrit le : 29 Jan 2006 Messages : 1639
 | Sujet: Quelques portraits de Babylone... Mer 19 Avr 2006 - 15:43 | |
| Je ne sais pas si j'ai déjà parlé d'Animocity, c'est mon monde. Ici, je vous montre une partie de ce monde que je place dans l'époque futuriste de ce monde ( la partie de base est un peu futuriste, mais tellement surréaliste qu'elle est actuelle). Cette époque, c'est celle de Babylone et à défaut de faire un livre-roman ou recueil, j'ai essayé de faire quelques portraits en faits et caractères de personnages 
Le personnage qui me ressemble plus : Vince.
La pluie frappait aux carreaux comme un clochard égaré. La vitre martelée par l’eau tenait bon, elle était habituée à ne pas la laisser rentrer, elle fait partie de ces objets que l’on connaît depuis si longtemps qu’ils acquièrent une conscience propre, à vos yeux en tout cas. Cette vitre, était comme un chien, elle aurait préféré mourir plutôt que de laisser rentrer l’indésirable. Vince dormait à poings fermés, couché sur un bureau de fortune. La planche que supportaient les deux bidons vides fléchissait sous son poids. Un encrier était renversé, des feuilles étaient salies, des vers oubliés. Dans le salon, dans la chambre et la cuisine, la pluie gagnait une vieille lutte. L’eau du ciel avait balayé le sable qui fondu devint cette vitre, ce masque de verre. La pluie, a tout son temps, pour elle chaque fois que le soleil se fait trop colérique, c’est une retraite stratégique. Pour la vitre, s’était un armistice, un temps de répit. Mais là, la vieille fenêtre sentait que le temps passé à lutter contre le souffle de l’eau, était devenu un poids, un argument. La pluie attendit l’orage. Un éclair sortit de son troupeau et hurla près de la vieille plaque de verre. L’averse fit sienne ce cri de guerre et vociféra avec l’éclair. Dans une maison-chambre-salon-cuisine, Vince fut réveillé par le bruit de la vitre qui pleure. Le vent balaya le bureau d’un regard, la pluie gifla le garçon et le coucha au sol. Il regarda impuissant par le trou béant du mur, le Soleil se montrait enfin. La cascade se fit flot, le flot ruisseau, le ruisseau crachin, et puis plus rien. Il se releva, le sol était noir, recouvert d’encre et de feuilles écrasées. Il pleura, les larmes se faufilaient entre ses doigts, comme des bêtes rapides et désireuses de liberté, loin des yeux. Il sortit, passa par l’ancienne fenêtre et atterri dans la rue. Le sol était crasseux, son duvet de graviers était perturbé, et les insectes étaient pour la plupart noyés ou déchiquetés. Le téléphone du coin de la rue sonna, déchira le silence. Vince attendit que quelqu’un se montre, sorte de sa maison et décroche. Personne ne décrocha, mais le téléphone persistait. Vince s’avança, et atteignit le combiné rouge, il posa la main dessus. Autour de lui, tout semblait calme. La maison du capitaine Gauss dormait paisiblement, le pavillon miteux de Mme Striech était affalée sur la route, le bungalow de maître Ziev contemplait le quartier d’un air hostile. Il décrocha : -« Enfin, dit une petite voix étouffée par la communication, quelqu’un ? - Oui, dit Vince, il y a…quelqu’un. - Ici la mairie de troisième étage de la tour, nous avons constaté une chute d’obus dans la zone… - Des obus ? C’est la guerre ? - Non, c’est la chasse, la chasse au Soleil mon jeune monsieur, monsieur Newill veut sa tête ! - La tête du Soleil ? N’est-il pas une tête à lui seul ? - Faites pas le malin, disons qu’il le veut dans un bocal. Mais, revenons aux obus, il semble que dans ce quartier… - Des obus, ici ? - Oui, apparemment vous êtes le seul survivant. - Et ?? - Les autorités vont venir chercher les cadavres, vous êtes convié à l’enterrement, place de Babel, à trois heures. Bonne journée. » La voix s’éteint, Vince raccroche. Les maisons fument beaucoup de matin, c’est vrai. Il va vite dans le pavillon de la vieille Striech. La porte s’ouvre dès qu’il pose la main dessus, les gonds lâchent, la poignée part en cendres. Le hall d’entrée est dévasté, l’escalier est renversé. Mme Striech est par terre. Sa tête est ouverte, ses cheveux sont plus rouges que d’habitude. Sa main est serrée sur une canne de bois marron, la crosse est une tête de dragon, le bout une épée, une vraie, faite pour trancher. Son sac est vide, Vince vérifie, le portefeuille n’y est plus, le rouge à lèvres non plus. Un verre tombe dans la cuisine, un juron s’élève. « On dort là-bas ? » se demande Vince. Il avance précautionneusement, les débris de verres s’écartent sans bruits faire sur son passage. Une forme noire, le dos courbé rampe dans la cuisine. Elle semble renifler, écarte tout ce qui passe devant elle, chaise, table, couvert. Une botte noire, une autre, et un pantalon gris. Elle ne cède pas à la panique, elle lève la tête. Vince, se demande qui est cette chose qui lui regarde les pieds. -« Tu es arrivé par la fenêtre ? Demande t’il en voyant une vitre brisée dans le fond de la cuisine. » Elle lève la tête, c’est une femme, un homme et un animal. Un androgyne, chassé par les polices et les mafias. L’androgyne hoche la tête. Vince sourit, montre du pouce le corps de l’ancienne Mme Striech. -« La nourriture est là, c’est tout ce qu’il y a de comestible après les obus, et encore, fais gaffe aux éclats. » L’androgyne sourit, et va vers la femme. Le quart d’heure qui suivit la défaite de la vieille vitre dans un bruyant cri de verre blessé, se termine par les sucions et les morsures que l’on fait à un cadavre en pleine rigueur cadavérique. Un festin pour les égarés.
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  Age : 18 Inscrit le : 29 Jan 2006 Messages : 1639
 | Sujet: Re: Quelques portraits de Babylone... Mer 19 Avr 2006 - 15:50 | |
| Le Monsieur très riche et très bizarre du monde ^^, j'ai nommé :
George Newill contemplait Babylone depuis son bureau du cent-treizième étage. Il voyait les tours pousser depuis tant d’années déjà, qu’il se sentait lui-même comme une des pierres qui tenaient cette ville d’aplomb. Il regardait l’horizon, depuis minuit environ, et attendait que le Soleil daigne se lever. Chaque nuit, quand il voulait dormir, de longues listes de chiffres et de noms venaient défiler sans ses yeux, sa femme laissait le lit froid, et allait chauffer celui d’autres, et la Lune somnolait dans le doux visage de le nuit. Alors, George se levait et allait attendre le Soleil. Souvent, des larmes coulaient sur ses joues, allaient dans les coins de sa bouche. Et il pensait : -« Depuis combien de temps n’ai-je pas dormi ? Dix ans peut-être…Combien d’hommes sont morts d’une de mes signatures ? Au moins cent par années où je suis resté éveillé. Combien d’argent y ai-je gagner ? Assez pour que l’infini se sente minuscule. » et quand le Soleil se montrait, il sortait un petit boîtier noir de sa poche, pressait un bouton rouge. Des canons émergeaient de tous les étages, et vomissaient sur l’astre. Desfois, la boule de feu saignait un peu, mais ne paraissait pas en tenir compte. Desfois, des obus tombaient, écrasait des maisons, des vies et des passions, mais l’homme du haut de sa tour ne s’en souciait plus et remboursait les familles disparues. Car c’était là le plus grand crime qu’il ait jamais commis, et qui lui rongeait la conscience chaque minute, George Newill avait donné une valeur à la vie. Ce matin là, quelques gamins s’étaient fait écraser dans cette chasse au Soleil. George Newill était assis à son bureau, des papiers jonchaient la surface noire du meuble d’ébène, des stylos gisaient ça et là, tous étaient vides, les feuilles étaient recouvertes d’encres noires, bleues et rouges. Chacune des couleurs avaient une signification particulière, le rouge pour les affaires de la basse-Babylone, le noir pour les relations externes et le bleu pour les enterrements des hommes tués par les obus. -« Au fond, pensait George Newill, ces enterrements ont du bon, je me sens presque utile avec mon argent, et surtout ils me font passer le temps, je vois les gens pleurer et puis sourire quand je leur tends une liasse de billets verts, je sais qu’ils pensent « oui, Jimmy valait bien mille dollars », et comme je les comprends ! » On frappa à la porte, un coup, deux coups, trois coups. On entra, dans un tailleur rouge, très moulant, très séduisant. -« Monsieur Newill, commença la voix en tailleur, la situation est grave, la basse-Babylone grouille de malfrats, de brutes et de truands. - Et ? - Comment ça ? Vous semblez-vous en fiches complètement ! - C’est plutôt bien vu, disons que ces gens font les viscères de la basse-Babylone, que plus il y en a, plus il y aura de déjections dans la basse-ville, c’est à elle de s’occuper de ses « propres » problèmes, si vous me permettez ce mauvais jeu de mots… - Bien sûr, mais comprenez que ces gens ne veulent pas régler ce problème, ils sombrent tous peu à peu dans cette barbarie urbaine, les rues sont sombres même au Zénith, la ville-basse nous échappe ! - Elle reprend son indépendance, ajouta Newill d’une voix calme et douce, c’est une enfant qui grandit. - Vous-avez des enfants ? S’étonna la voix. - Non, dit Newill dans un sourire, mais… » Il leva la tête vers la femme et se rendit compte qu’elle était brune, puis il reprit : -« Mais je n’ai pas toujours été vieux ». La femme sorti. George fouilla un tiroir, en extirpa une boîte, assez belle à voir. Le couvercle était rouge, des dorures en formes de spirales le recouvraient, les rainures étaient argentées. Une serrure la gardait fermée. L’homme d’affaire mis la main dans une petite poche sur sa poitrine, en tira une petite clé qu’il glissa dans la fente du coffret. Le couvercle se souleva de lui-même, et les havanes verts du vieux Cuba apparemment. George huma longuement l’odeur qui s’en exhalait, et en saisi un, vérifia qu’il était assez humide, sans l’être trop, le porta à sa bouche. Une allumette s’embrasa après avoir gratté une pierre plate, longue et grise. Il tira une bouffée, une fumée verte lui masqua le visage. Qu’il était de bon de se cacher dans les vapeurs du poison. _________________ "La flemme est l'avenir de l'homme..." Smoky, en plein dans son avenir....
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