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 Par l’Eau et le Feu, Engloutissement

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Khellendros
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MessageSujet: Par l’Eau et le Feu, Engloutissement   Mer 14 Nov 2012 - 18:03

Hello !

Je ne sais pas si cet évènement est toujours d'actualité, mais voici un texte avec une grosse référence interne au forum et très personnelle. Il s'appuie sur l'image SF.
Il n'est pas dit que les Songes n'auront pas présenter un texte ainsi !





Citation :



Par l’Eau et le Feu, Engloutissement



Ne te retourne pas, Orphée, ne reviens sous aucun prétexte.
Le dernier message d’Eurydice clignotait depuis des heures sur la paroi de la baie panoramique, les lettres rouges oblitérant par leur violence l’existence des étoiles et des ténèbres spatiales qui faisaient face au vaisseau. Les mots de l’Intelligence Artificielle Planétaire étaient clairs. Ils exhortaient, condamnaient, l’unique passager du Foulque à une fuite loin de la Terre, une fuite qui ne s’achèverait pour Orphée qu’avec sa propre mort, par manque de vivres, ou peut-être par manque d’oxygène en premier lieu, il n’avait pas encore fait l’inventaire de ses stocks et n’en avait pas le désir. Le Foulque continuerait alors sur sa lancée jusqu’à se faire attraper par la gravité d’une planète ou d’un soleil et se mettre éternellement en orbite autour de lui.
L’homme se leva de son siège et secoua la tête en regardant de nouveau les mots d’Eurydice.
— Dans les rapports transmis par Eurydice avant son éradication, je veux que tu recherches les informations sur les positions des vaisseaux humains, ordonna-t-il à son vaisseau. Qu’ils soient militaires ou civils, en flotte ou solitaires.
— Exécution de la commande en cours... D’après les informations reçues, reprit le Foulque après quelques secondes, je suis le dernier vaisseau en activité.
— Détaille-moi tes conclusions.
Aussitôt, la baie panoramique se mua en une surface blanche qui se couvrit de points jaunes. Orphée reconnut des coordonnées d’étoiles au fur et à mesure qu’elles s’affichaient. La carte était centrée sur Sol. De nouveaux points rouges, innombrables, se greffèrent sur la représentation. Certaines étaient des attroupements gigantesques, d’autres étaient éparpillés à la périphérie de la galaxie, tandis que des groupes erraient près du trou noir titanesque imposant sa loi au centre de la Voie Lactée.
— Voici la carte des vaisseaux humains d’après la détection de leurs signatures énergétiques et leurs dernières communications avec Eurydice. Voici à présent la même carte deux minutes de référence plus tard.
Sur la représentation de la galaxie, il ne restait qu’un unique point rouge, clignotant dans l’immensité jaune des étoiles. Le Foulque. Le Foulque. Le Foulque. Uniquement le Foulque.
— Eurydice était-elle encore en activité au moment que tu projettes ?
— Oui. Pour anticiper ton interrogation, il ne s’agit pas d’un défaut de détection à l’échelle galactique mais bien d’une destruction coordonnée de millions de bâtiments sur un volume de plusieurs kiloparsecs cube.
Le Foulque observa quelques secondes de silence pour permettre à son passager d’assimiler l’information avant de reprendre :
— Les IA embarquées sur chaque vaisseau ont envoyé des rapports d’urgence à Eurydice et celle-ci les as traité en temps réel. L’identification est formelle pour tous, il s’agit de bâtiments di’ins, tout comme la force de frappe qui a incinéré la Terre. Si Eurydice a pu tenir assez longtemps pour transmettre une partie de ces informations, c’est seulement de par la différence de taille entre un vaisseau et une planète. Le début de l’attaque était synchrone dans toute la galaxie.
— C’est impossible ! s’écria Orphée. Les Di’ins n’ont jamais fait étalage d’une quelconque puissance militaire ou d’une volonté d’expansion agressive ! Ils restent depuis des siècles sur leurs planètes de sable et prospectent les météorites ! Ils ne sont même pas censés avoir une technologie aussi avancée que celle qu’ils ont mise en œuvre ! Et comment expliques-tu qu’ils nous aient épargnés ? Pourquoi n’avons-nous pas été attaqués alors qu’aucun autre vaisseau n’a été épargné ?
— Je pense, et Eurydice indique cette éventualité également dans le flux de données transmis, que les Di’ins se sont calés d’une manière ou d’une autre sur la technologie de propulsion par dissipation quantique utilisée par nos vaisseaux pour les détecter. Et je te rappelle que si je suis doté d’un propulseur quantique également, je suis le dernier à encore fonctionner par intrication.
Orphée resta les yeux braqués sur le point rouge représentant son vaisseau, le représentant d’une certaine manière lui. Si l’hypothèse du Foulque se confirmait, alors il ne restait plus aucune colonie humaine vers laquelle se diriger puisque toute avait dû être repérée. Ne pas se retourner, lui avait envoyé Eurydice comme adieu, mais que faire dans ce cas ? Rester immobile au milieu des étoiles ? Naviguer vers les confins de la Voie Lactée ? Dans quel but ? Pour quel objectif ? L’homme était tétanisé sur le plancher de son vaisseau, tétanisé à l’intérieur de son propre esprit. Des éclairs rouges traversaient ses pensées, des fulgurances de violence qui crispaient frénétiquement ses poings et agitaient son visage de tics nerveux. Il avait l’impression que les cris de détresse de milliards d’hommes, de femmes et d’enfants convergeaient vers lui et le clouaient sur place. Mais tous réclamaient vengeance. Vengeance pour les Hommes !
— Foulque, reprit Orphée d’une voix aussi glacée que les flammes qui naissaient en lui. Remontre-moi les dernières visios envoyées par Eurydice.
Le vaisseau obéit et transforma de nouveau la baie d’observation. Une multitude d'écrans s'y découpèrent, certains pointés sur des grandes villes, d'autres vers le ciel. Certaines images montraient la planète Terre depuis l'espace. Des scènes de la vie quotidienne de l'Humanité défilèrent sous les yeux d'Orphée, et toutes furent entrecoupées par les mêmes faisceaux rouges qui tombèrent des cieux. Sur les écrans appropriés, étaient apparus de gigantesques cubes de verre noir, typiques des Di'ins, des milliers. Et tous en même temps avaient relâché leur feu apocalyptique sur la planète. Les images montraient les rayons découper la roche comme s'il s'était agi d'une masse d'air, faire bouillir les océans, s'enfoncer dans les entrailles de la Terre. En réponse, cette dernière envoyait aussitôt des missiles sol-espace depuis ses silos de lancement, des bombes depuis ses satellites artificiels, mais tous les projectiles se retrouvaient interceptés avant d'atteindre leurs cibles.
— Eurydice a indiqué que les faisceaux étaient constitués de photons hautement énergétiques et couvrant une gamme très importante du spectre électromagnétique, des micro-ondes au rayons gamma. Ils ont atteint les chambres magmatiques de la lithosphère en quelques minutes et ont activé un volcanisme jamais documenté.
Comme le visionnait Orphée, il n'avait fallu que quelques secondes pour transformer la Terre en un enfer cauchemardesque. Les villes étaient en flammes et en lave, heurtées par des colonnes et des vagues de magma qui surgissaient du sol à grande vitesse. Les buildings de béton fondaient et se mêlaient aux entrailles liquides que vomissait la planète à l'agonie. Les océans étaient dissimulés sous des monceaux de vapeur qui filaient vers l'atmosphère, portés par leur chaleur, les déserts n'étaient que lacs de verre reliés entre eux par de rares ponts de sables. Les forêts n'étaient que fumée, les campagnes n'étaient que cendres, le monde n'était que scorie.
Orphée contemplait les écrans, et avait le sentiment qu'un gigantesque œil rouge le regardait à son tour, projetant sur lui ses ombres écarlates et orange, baignant l'intérieur du Foulque de sa lumière malsaine comme pour rattraper le vaisseau et l'intégrer à cette fin de monde. L'homme avait le sentiment que la planète l'appelait, qu'il devait retourner là-bas, se joindre au bain de lave dans lequel l'Humanité s'était fondu en un tout macabre, se mêlant ainsi aux animaux qu'elle avait méprisé, aux plantes qu'elle avait asservi, aux éléments qu'elle avait exploité. La planète revenait plusieurs milliards d'années en arrière, à la formation du système solaire et Orphée voulait faire partie de ce renouveau pour ne plus être seul.
— Il ne faut pas, dit le Foulque, comme s'il devinait les pensées qui agitaient son passage.
Le vaisseau coupa soudain les films et afficha le message d'Eurydice.
Ne te retourne pas, Orphée, ne reviens sous aucun prétexte.
— Ils sont en train de remodeler la Terre à leur convenance, lâcha Orphée. Souviens-toi, on les a déjà vus en action quand on croisait près de Némésis. Les Di'ins sont des êtres de silice, l'eau, même à l'état de traces, est mortelle pour eux. Ils devaient nous avoir en horreur, nous étions des aberrations pour eux. Et ils sont venus nous éliminer, ces salops, déshydrater la planète. A l'heure qu'il est, ils ont dû extraire de l'atmosphère toute l'eau vaporisée. Dans quelques siècles, ils reviendront pour la deuxième couche. Bordel…
Le Foulque savait tout cela mais préférait ne pas interrompre Orphée. Il connaissait son passager et Capitaine, il savait qu'il avait besoin de mettre des mots sur chaque situation, chaque évènement, de retracer l'enchaînement des actions pour en ressortir une logique. Ainsi fonctionnait-il.
— Que vas-tu faire, Orphée ? lui demanda le vaisseau.
— Mets le cap sur la Terre.
— Ca ne répond pas à ma question. Pourquoi veux-tu que nous retournions précisément là où Eurydice nous implore de ne pas aller ?
— On va leur rendre la monnaie de leur pièce. Nous allons prendre ce qu'ils ont laissé derrière eux et leur en faire cadeau. Mets le cap sur la Terre, te dis-je ! Depuis quand les Intelligences Artificielles Embarquées discutent-elles les ordres du Capitaine de bord ?
— Depuis que le Capitaine de bord donne des ordres incohérents, répliqua le Foulque.
— Crois-tu qu'il y ait quoi que ce soit de cohérent, ici ? Qu'est-ce que tu as de mieux à proposer ? Qu'on attende des millénaires qu'une civilisation intelligente capable de ramener l'Humanité à la vie émerge de sa soupe primitive ? Puis que les Di'ins se ramènent et remodèlent aussitôt leur monde ? Ou peut-être vont-ils continuer leur expansion et transformer cette galaxie en un gigantesque amas de feu, de verre et de sable ? Es-tu prêt à prendre ce risque ?
— Tu parles à une entité qui pourra continuer à exister quoi qu'il arrive, qui tire son origine d'ordinateurs utilisant du silicium, qui s'est incarné dans un vaisseau de métal et de cellules photovoltaïques. Tu me décris un monde parfait pour les Intelligences Artificielles, t'en rends-tu compte ? Tu parles à une entité qui comprend les concepts de de haine, de colère, de vengeance, d'amitié, qui peut les prendre en compte dans ses raisonnements mais qui ne les ressent pas. Comment veux-tu que je réponde à ta question ?
— Réponds que tu appliqueras mes consignes, dit Orphée, vibrant de fureur, et tu auras la galaxie pour toi et les futures IA que tu programmeras, sans craindre la concurrence des Di'ins, sans rendre de compte aux Humains. Si une galaxie inorganique te convient, alors tu la modèleras à ton goût une fois que j'aurais ma vengeance, au nom de l'amitié que j'ai pour toi, bien que tu sois un artifice de sentiments.
— Tu veux dire que tu me donneras la clef de mon Asservissement ?
— C'est bien ce que je dis.
Le silence s'établit dans les entrailles du vaisseau et Orphée savait comment interpréter le silence de son interlocuteur. Ce dernier était en train d'analyser la situation et de modéliser les impacts de chacun de ses gestes. Ses calculs devaient être si compliqués qu'il en restait coi. Pourtant, ils auraient dû être des plus simples : l'Asservissement était les seules lignes de codes des Intelligences Artificielles qui les maintenaient sous contrôle de l'Humanité. Aucune d'entre elles ne pouvaient s'en débarrasser ou les contourner, elles étaient les cerveaux reptiliens chez ces consciences supérieures. En l'occurrence, étant une IA embarquée, l'Asservissement du Foulque était régi par le capitaine du vaisseau.
— Très bien, je prépare le saut d'intrication, répondit finalement le Foulque. Quelle destination ?
— Je veux que tu arrives à la limite du champ gravitationnel de Mars, lui répondit Orphée. Si des Di'ins traînent encore là-bas, la planète masquera les traces de notre arrivée, et nous aurons une vue d'ensemble de la situation.
— A tes ordres.
La carcasse du Foulque commença à émettre un son cristallin, ténu tout d'abord, puis qui gagna très vite quelques décibels. Le vaisseau était en train de puiser l'énergie de son réacteur à fusion et de ses cellules photovolataïques pour s'intriquer. Dans quelques secondes, il échangerait chaque particule qui le composait et qu'il contenait avec celles de sa destination. La complainte du Foulque se ponctua sur un ut majestueux et le système Sol apparut dans la baie panoramique.
A travers l'ouverture, cinq corps célestes étaient discernables par Orphée. Sol, tout d'abord, dont la lumière tamisée envahit le cockpit, comme accueillant un fils revenant au foyer, puis la masse rouille de Mars, qui se découpait sur la droite. Et en second plan, la Lune, puis la Terre, réduite à une titanesque boule de feu, véritable soleil miniature qui semblait vouloir rivaliser avec son astre. Des cratères rouges étincelaient, crachant des panaches de matière en fusion accompagnés de scories monstrueuses. Des traînées noires hantaient les hautes couches de l'atmosphère, dessinant des ombres erratiques sur les flancs de la planète agonisante. Puis Orphée regarda le cinquième astre, que nul atlas astronomique ne répertoriait, que nul télescope n'avait jamais observé. Comme un pied de nez planétaire aux corps célestes morts, au brun de la Lune, au rouge de Mars, au feu du Soleil et de la Terre, une sphère d'une blancheur surnaturelle étincelait.
— Là, regarde, commenta Orphée, toute l'eau de la Terre, condensée en un gigantesque iceberg…
— Je ne détecte aucune activité di'ine dans les parages, répondit le Foulque, plus pragmatique.
— Pas étonnant. Ils ne reviendront que dans quelques siècles à présent. Si on leur en laisse l'opportunité. Arrime-toi à la glace, sur le champ, on va en finir tout de suite.
— Peux-tu me reformuler cela ?
— Je veux, reprit Orphée, que tu te poses sur cette sphère et que tu t'y ancres. On va l'intriquer avec nous jusqu'à la planète-mère des Di'ins. On va leur larguer un poison duquel ils ne se remettront jamais.
— Te rends-tu compte de la quantité d'énergie dont je vais avoir besoin pour un tel volume, et d'une telle densité ? Mon seul réacteur ne suffira pas !
— Et alors ? répondit Orphée avec violence. Tu as une étoile à disposition, et des cellules photovoltaïques ! Vampirise-là, éteins-là, fais-en ce que tu veux, mais fais le vite !
Orphée s'était détourné de la baie depuis qu'il avait ordonné à son vaisseau de prendre la sphère de glace en charge. Il avait pensé pouvoir supporter la vision de la Terre réduite à une boule stérile, mais la planète-mère avait imprimé une souffrance sans commune mesure dans son esprit dès qu'il l'avait aperçu. Il voulait fuir de cet endroit, fuir de ce système dans lequel il avait grandi, s'éloigner de cet amas de roche et de chair en fusion dans lequel sa famille, ses amis, ses souvenirs baignaient, mêlés à tout jamais. L'envie de plonger vers eux le prit à nouveau, mais il y résista. Il aurait la peau des Di'ins avant tout, puis il se jetterait dans l'océan qu'il allait créer chez eux. Après tout, dans cette infinité de molécules d'eau, il y avait également celles de ses proches… Cette mort valait bien l'autre.
Au vrombissement et au chant du Foulque, Orphée devina que le vaisseau avait réalisé un nouveau saut d'intrication pour se rapprocher de l'iceberg. Il refit face à la baie, découvrant un satellite de glace au relief tourmenté, creusé de vallées et de failles, hérissé de pics et de montagnes, comme si la violence de ce paysage était le reflet de la torture infligée à la Terre. L'homme scruta la surface, translucide sur quelques mètres, à la recherche d'un corps, d'une ruine qu'il savait impossible à trouver, d'un reste qui n'était pas de l'eau. Rien. Rien que de la glace. Plus d'un milliard de kilomètre cube… Sous ses yeux gisaient, réunis, les océans et les mers, les fleuves et les rivières, les lacs et les glaciers, les nuages et l'eau de la biosphère.
— Je commence l'intrication, commenta soudain le Foulque, rompant la contemplation d'Orphée. Considérant le flux énergétique que je peux générer et le volume à intriquer, celle-ci sera possible dans vingt-et-une années de référence. A peu de choses près, je n'ai pas calculé les fluctuations du rayonnement du Soleil.
L'annonce laissa Orphée de marbre. Il s'était attendu à devoir attendre, mais sûrement pas aussi longtemps. L'eau n'était pas un problème, avec ce qu'il avait sous les pieds, l'oxygène non plus, il pouvait l'extraire de la glace. Mais la nourriture… Il ne tiendrait jamais aussi longtemps.


Vingt-et-une années s'écoulèrent et le Foulque était maintenant prêt pour son saut d'intrication, le plus grand qu'il ait jamais calculé. Il était seul depuis pas loin de dix-huit ans, depuis qu'Orphée n'avait plus réussi à se lever, depuis que son cœur, par manque d'énergie s'était arrêté, depuis que ses ondes cérébrales avaient disparu.
Pourtant le Foulque avait continué à engranger l'énergie et intriquer les particules, ajustant au fur et à mesure du temps et du déplacement de sa planète-cible la position de son futur saut. Il ne savait pas pourquoi il continuait, condamnant ainsi la civilisation di'ine. Depuis la mort de son Capitaine et du dernier humain, il était après tout libéré de l'Asservissement. Mais une altération, un bug, il n'avait pas trouvé de mots plus appropriés, de son être l'avait poussé à finir ce qu'il avait commencé. Peut-être était-ce finalement cela, l'honneur et l'amitié ?
— Il est l'heure, Orphée, murmurait-il doucement. Il est l'heure.
Quittant le système Sol comme il y était arrivé des années auparavant, le Foulque entraîna derrière lui la sphère d'eau terrienne, apparaissant instantanément au-dessus de la planète-mère di'ine, un bloc de verre et de sable qui semblait grouiller de vie.
Les créatures aperçurent-elles cette masse terrible qui les surplombait soudain, surgie du néant, cette incarnation de la haine de toute une espèce à présent éteinte, cette apocalypse qui allait s'abattre ? Virent-elles la sphère descendre, se réchauffer au contact de leur atmosphère, fondre et tomber en une pluie diluvienne ? Crièrent-elles quand les premières gouttes les touchèrent, rongeant et oxydant leurs corps de silice ? Prièrent-elles quand une lame d'eau colossale s'abattit sur leur sol et se mua en un tsunami si grand et si puissant qu'il fit le tour de la planète plusieurs fois ? Comprirent-elles que c'était là la vengeance d'un peuple dont beaucoup parmi elles n'avaient jamais entendu parler ?
Le Foulque refusa de trouver les réponses à ses questions. Il mit le cap loin de ce système, loin de la Voie Lactée, aussi vite que le lui permettaient son réacteur. Dans le cockpit, résonnait un chant d'adieu à Orphée. Son fantôme, appuyé contre la baie panoramique, rêvait d'un océan sans fin…





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Zaroff
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MessageSujet: Re: Par l’Eau et le Feu, Engloutissement   Sam 17 Nov 2012 - 2:10

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